"C’est devenu un besoin vital" : Jocelyn Golitin compte sur les “amoureux des Antilles” pour faire revivre ses terrasses à Paris

cuisine et gastronomie
BOER II
La terrasse du Boer 2 pourra accueillir des clients dès le 21 mai 2021. ©DR

La Guyane se reconfine, les mesures restrictives sont en vigueur dans certains territoires ultramarins, mais dans l’Hexagone, les terrasses des lieux de restauration peuvent de nouveau recevoir du public. L’incertitude demeure auprès des professionnels du secteur d'origine ultramarine.

Sur les péniches de Jocelyn Golitin, voilà plus de quinze mois que personne n’a dansé. Qu’aucun artiste ne s’est produit en concert. Quinze mois durant lesquels l’activité événementielle de ses trois établissements qui donnent sur la Seine a été mise sur pause. Mais cette semaine, les clients pourront “enfin” retrouver la terrasse de la Péniche Boer, située dans le 13e arrondissement de Paris. “Ça fait tellement longtemps qu’on n'a pas vu notre clientèle habituelle”, raconte le Guyanais. “Même si nos clients nous suivent, ça fait vraiment longtemps qu’on n’a pas pu les servir et on ignore complètement s’ils seront au rendez-vous”, explique-t-il. L’incertitude est telle qu’il a même décidé d’ouvrir sa terrasse uniquement samedi et non dès ce mercredi, comme le gouvernement l’y autorise pourtant. 

"C’est un besoin vital"

En dépit de ces incertitudes, le Guyanais Jocelyn Golitin est bel et bien décidé à rouvrir ses terrasses. Il se réjouit même d’accueillir ses premiers clients dès samedi. “C’est important pour nous de se remettre à travailler. On doit redémarrer, c’est devenu un besoin vital’, explique-t-il, même s'il reconnaît qu'il veut rester prudent. 

Un besoin vital, tant les mois écoulés ont été difficiles. Car s’il peut rouvrir ce samedi, c’est parce qu’il a su “faire le dos rond” durant toute la durée de la crise sanitaire. Comprenez puiser dans ses économies personnelles, mettre son personnel en chômage partiel afin de "maintenir le navire à flots" et d’éviter la faillite. Une situation que plusieurs de ses collaborateurs, qui se sont retrouvés en situation de grande précarité, n’ont pas pu supporter. “J’avais des artistes qui ont pu bénéficier du statut d'intermittents du spectacle, mais j’en ai aussi qui ont décidé d’arrêter et de changer de métier. On ne les reverra pas et on est très attristés. La pandémie a causé beaucoup de dégâts”, explique Jocelyn Golitin. 

Selon ses mots, “ce sont des années, presqu’une vie de travail qui partent en fumée” et il dirige aujourd'hui une “grande famille” qui a traversé une tempête. Sur la quarantaine de collaborateurs qu’il employait avant la pandémie de Covid-19, une “bonne quinzaine" a quitté le navire. 

Chaleur humaine et rougail saucisses 

C’est donc avec une équipe amoindrie mais pas moins motivée que Jocelyn Golitin s’apprête à rouvrir ses établissements parisiens. Et pour cette réouverture, il s’adresse avant tout “aux amoureux des Antilles, de la chaleur humaine”. Au menu : des plats typiques de l’Hexagone, mais surtout des territoires ultramarins. Salade césar, accras de morue, burger, rougail saucisses… “C’est une carte "généraliste" de l’Hexagone et des Outre-mer”, commente même la directrice de communication de l’entreprise, Eliza Lignoti. 

Pour Jocelyn Golitin, cette carte éclectique permet "d'affirmer l’identité ultramarine” répartie sur les trois péniches qu’il possède, soit l’équivalent “d’un immeuble de trois étages qui se déplace”, précise l’intéressé. 

Reste encore à savoir si la météo sera plus clémente que ces dernières semaines afin d'inciter les clients à sortir et consommer en terrasse…