"C’est totalement injuste" : Patrick Karam réagit au rapport de la Cour des comptes sur la délégation pour la visibilité des Outre-mer

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Patrick Karam - Outre-mer 2022
Patrick Karam lors de son passage dans l'émission politique Outre-mer 2022, dans le cadre de l'élection présidentielle. ©Stéphane Grangier / FTV
Tout premier délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer, Patrick Karam a répondu à trois questions d’Outre-mer la 1ère sur le rapport de la Cour des comptes sur cette délégation, et sa fusion avec l’Agence de l'Outre-mer pour la mobilité.

Outre-mer la 1ère : que pensez-vous des conclusions du rapport de la Cour des comptes qui remet en cause l’existence de la délégation interministérielle pour l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et la visibilité des Outre-mer (Diecfomvi) ?

Je commence à croire que la Cour des comptes est l’ennemi des Outre-mer. Cela fait 30 ans que je suis très actif sur les Outre-mer et la Cour des comptes a toujours eu la même doctrine.

Elle considère que l’Outre-mer devrait être traitée comme n’importe quelle région alors que nous avons des problématiques spécifiques, de continuité territoriale, de santé, d’emploi, etc., et qu’il faut des solutions spécifiques. Je note qu’elle a, dans tous ses rapports, critiqué les dispositifs spécifiques. Mais les dispositifs de tronc commun, ça ne marche pas ! Ils feraient mieux de tourner sept fois leur plume dans leur encrier avant d’écrire.

Je considère aussi que le rapport de la Cour des comptes est totalement injuste pour l’actuel délégué [Maël Disa, NDLR] qui a mouillé sa chemise. Ce garçon est volontariste, engagé, sérieux, je trouve qu’il a fait un bon travail, dans un contexte excessivement difficile. N’oubliez pas dans quel contexte il est arrivé : juste avant la Covid-19 ! Il y a mieux pour essayer de développer des politiques publiques.

Outre-mer la 1ère : le rapport ne s’en prend pas à proprement parler au délégué, mais note des "rares résultats chiffrés", des "outils ou dispositifs sans grand impact", le tout avec un budget  "très modeste", 103.000 € en 2019 et 55.000 € en 2021. Que vous inspirent ces propos ?

Honnêtement, 50.000 €, c’est une subvention que je donne en tant que vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France à une association. Je ne comprends pas pourquoi ça a baissé.

Quand j’étais à la tête de la délégation, j’avais missionné des associations pour accompagner en justice les victimes de discrimination où j’avais ciblé de grosses structures, mais ce n’est pas avec 50.000 € que j’aurais réussi.

Je trouve que le délégué actuel a fait du bon travail, et si en plus on le rapporte à ces sommes modiques, c’est exceptionnel ! La Cour des comptes aurait dû saluer son travail si elle avait été objective.

 

Outre-mer la 1ère : au lendemain de la publication du rapport, le ministre des Outre-mer Jean-François Carenco a annoncé la fusion de la Diecfomvi avec l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilité (Ladom). Jugez-vous ce choix pertinent ?

La fusion peut s’entendre, oui, si cela permet au délégué interministériel de déployer d’autres politiques publiques et si cela lui donne plus de moyens, c’est cohérent.

Je le souhaite si c’est lui qui est choisi. Je n’ai pas eu beaucoup d’occasions d’être positif, là c’est le cas. En tant que premier titulaire, celui qui connait les difficultés d’une telle fonction en toute objectivité, je considère que l’actuel délégué n’a pas démérité. Je ne voudrais pas qu’on se serve de ce rapport pour l'écarter.