Ce qu'il faut retenir du rapport 2021 sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme

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CNCDH ©Catherine Cordasso
La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a présenté aujourd'hui son rapport annuel de lutte contre le racisme, la xénophobie, ainsi que l'antisémitisme. Outre-mer la 1ère a sélectionné les points principaux à retenir.

Plus de tolérance, légère baisse du racisme et moins de préjugés... Le rapport de lutte contre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme fourni par la CNCDH recueille les derniers chiffres enregistrés en 2021, après deux ans d'interruption à cause du Covid. La comission a instauré un baromètre depuis 2008, qui permet d'évaluer les opinions racistes et xénophobes sur une population de Français.

À l'occasion des 50 ans de la loi dite "loi Pleven", qui a créé les délits spécifiques d'injure et de diffamation à caractère raciste ainsi que la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale, il existe encore nombre des préjugés sur les minorités en France et des faits racistes qui ne diminuent guère.

Légère hausse de la tolérance en France

Calculé avec le baromètre de la CNCDH sur une échelle de 0 à 100, l'indice de tolérance monte à 68 points pour cette année 2022, une augmentation de 2 points depuis les chiffres de 2019 et de 14 points depuis 2013. Plus l'indice se rapproche de 100, plus il reflète un niveau de tolérance élevé, précise le rapport.

Évolution générale de la tolérance en France ©CNCDH

En ce qui concerne les minorités, les chiffres stagnent. Les Noirs restent néanmoins "plus tolérés" vis-à-vis des autres communautés, avec un indice de tolérance à 80 points.

Évolution de la tolérance par minorités ©CNCDH

Des préjugés persistent

La commission présente un "recul" de certains préjugés par rapport à l'enquête de 2019, pourtant, presque 49% des personnes interrogées en France pensent "qu'il y a trop d'immigrés aujourd'hui en France", contre 51,9% en 2019. Aussi, 36,7% pensent que "les enfants d'immigrés nés en France ne sont pas vraiment français". En comparaison, 25,4% le pensaient en 2019.

Enfin, la majorité des personnes interrogées (81,5%) s'accordent pour dire qu’"une lutte vigoureuse contre le racisme est nécessaire en France" (76,1 % en 2019).

Un "'chiffre noir"

Il désigne les actes racistes non déclarés, et donc, non comptabilisés dans le rapport. Autrement dit, il y a automatiquement une sous-estimation des infractions liées au racisme : 1,2 million de personnes seraient victimes chaque année d'au moins une atteinte à caractère raciste alors que seulement 955 condamnations ont été prononcées.

Officiellement, 6276 infractions ont été recensées en 2021, ce qui marque une augmentation de 16% par rapport à 2020.

Quelles recommandations ?

La Commission nationale des droits de l'homme a émis 55 recommandations, dont 12 prioritaires. Parmi celles-ci, l'adoption d'un plan d'action national sur la formation à la citoyenneté numérique. Il devrait garantir plus d'éducation et de sensibilisation sur le racisme dans le cadre scolaire.

La CNCDH recommande par ailleurs une meilleure formation des forces de l'ordre et l'obligation pour les enseignants d’être formés sur les préjugés et les discriminations, en plus de campagnes de sensibilisation plus soutenues.