Cécile McLorin-Salvant à la Villette : un concert émouvant et exigeant

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Cécile McLorin-Salvant
Cécile McLorin-Salvant lors de son concert au festival Jazz à la Villette à Paris, le 3 septembre 2021. ©Jean-Yves Pautrat
La chanteuse de jazz franco-américaine (père haïtien, mère guadeloupéenne) s’est produite, vendredi 3 septembre, dans le cadre du festival Jazz à la Villette, longuement acclamée à son entrée, puis à la fin de son concert dont l’essentiel était un répertoire en français.

Outre-mer la 1ère : Vous êtes une jeune trentenaire et vous avez déjà obtenu trois Grammy Awards (du meilleur album de jazz vocal). Comment le vivez-vous ?

Cécile McLorin Salvant : Je n’y pense pas beaucoup. Je suis contente de les avoir eus. C’était incroyable à chaque fois. Mais en fait, ça ne change rien aux doutes que je peux avoir dans la tête avant de monter sur scène. Si ça pouvait les enlever ça serait cool, mais ce n’est pas le cas.

Ce soir, vous vous présentez en duo. Vous vous sentez plus à l’aise dans cette formule ?

Je pense moins à un duo qu’à une collaboration avec le pianiste Dan Tepfer. On a un projet de musiques françaises, un mélange de nos compostions, de musiques classiques, de jazz. C’est moins la formation qui m’intéresse que le fait que ce soit avec Dan Tepfer. En duo, c’est super, c’est très exposé. On ne peut pas se cacher et j’aime beaucoup prendre ce risque d’un répertoire tout en français (ndlr, avec quelques rappels en anglais quand même) pour un public en France. Ca c'est un risque ! J’ai l’impression que souvent, on aimerait bien que je chante plutôt en anglais surtout quand je suis en France. Parce que je suis une chanteuse de jazz. Mais le français c’est ma première langue (ndlr, son père est haïtien et sa mère guadeloupéenne). Ca me fait plaisir de communiquer avec le public.

On peut envisager de vous voir vous produire aux Antilles ?

J’aimerais beaucoup. J’ai de la famille là-bas. Je suis née à Miami avec beaucoup d’Antillais autour de moi. Ca serait un plaisir. Mais les conditions sanitaires, ne sont pas réunies. Cependant j’ai quelques chansons que je chante en créole. Je ne parle pas créole, mais mon père qui est haïtien, m’a aidé pour la prononciation. Et puis, j’ai commencé à écrire une chanson inspirée par le zouk. J’ai aussi dans mes plans un projet avec des musiciens haïtiens. Ca serait un projet autour de la danse et de la musique caribéennes. Mais avant, j’ai deux, trois autres projets.

Louis Otvas et Jean-Yves Pautrat ont assisté au concert à Paris :