Des funérailles en famille
Ces funérailles, présentées comme "simples" par le président Raul Castro, qui a succédé à son frère en 2006, se sont tenues en famille et en présence de quelques dignitaires cubains et étrangers triés sur le volet.Parmi eux, Ségolène Royal dont les propos sur le régime cubain ont suscité la polémique en France. Alfred Marie-Jeanne, le président de la Collectivité territoriale de Martinique était également convié à cette cérémonie (voir Tweet ci-dessous).
#Cuba:Le Président a rencontré ce matin la famille de Fidel Castro avant la cérémonie intime au cimetière Santa Ifigenia de Santiago de Cuba pic.twitter.com/5W09D8YVFY
— CTM (@CTM_Martinique) 4 décembre 2016
Contrairement à ce qui était attendu, ces funérailles n'ont pas été retransmises en direct par la télévision d'Etat, tandis que les médias étrangers ont été tenus à bonne distance du cimetière.
►Regardez les dernières images du convoi funéraire avant l'arrivée au cimetière de Santiago :
Pourquoi Santiago ?
Le leader Maximo a choisi la deuxième ville de Cuba comme dernière demeure pour plusieurs raisons. Santiago a vu les premiers pas du révolutionnaire Fidel Castro. C'est là en 1953 qu'il a attaqué la caserne de la Moncada qui reste comme l'un des éléments déclencheurs de son combat révolutionnaire.Beaucoup de ses camarades ont péri dans cette aventure. Fidel castro et son frère Raul ont été envoyés en prison pendant un peu moins de deux ans, avant de partir en exil au Mexique.
C'est aussi dans la province d'Oriente que Fidel Castro a débarqué en 1956 au pied de la Sierra Maestra avec son frère Raul, Che Guevara et Camilo Cienfuegos. Ils étaient en tout 81 barbudos à accoster Cuba prêts à en découcre pour renverser le dictateur Batista. Par ailleurs, c'est à Santiago que le jeune Fidel Castro a fait ses études de la primaire au lycée, avant de partir à La Havane étudier le Droit.
Fidel Castro, qui a forgé le destin de son pays et défié la superpuissance américaine pendant près de 50 ans, repose désormais près d'un mausolée dédié aux victimes de l'attaque ratée de la caserne de la Moncada de 1953. Ce mausolée est situé à quelques mètres de celui de José Marti, le père de l'indépendance de Cuba.
Ces ultimes cérémonies scellent donc la fin d'un deuil national de neuf jours décrété après le décès de Fidel Castro, au cours duquel les autorités et les médias d'Etat ont répété à l'envi que l'enjeu était désormais de pérenniser le legs du père de la révolution socialiste.
Joël Franz Rosell, écrivain et illustrateur cubain installé à Paris livre à La1ère.fr ses impressions sur ces neuf jours de deuil, ainsi que sur les propos de Ségolène Royal prenant la défense du régime cubain.
►Regardez (ci-dessous) l'interview de Joël Franz Rosell :
Samedi soir, Raul Castro a juré, devant les cendres de son frère, de "défendre la patrie et le socialisme", lors d'une cérémonie d'hommage tenue place de la Révolution Antonio Maceo de Santiago. Prenant de court beaucoup de Cubains, Raul Castro a aussi annoncé qu'aucun lieu ni monument ne porterait le nom de Fidel Castro à Cuba dans l'avenir.