Confinés en Outre-mer, des étudiants ultramarins de l'Hexagone confrontés au décalage horaire

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Rentrés auprès de leurs familles au début de la crise sanitaire, certains étudiants ultramarins inscrits dans des établissement l'Hexagone ont été obligés de se plier aux horaires de Paris pour leurs cours, mais également pour passer leur examens de fin d'année. 
Passer ses examens au beau milieu de la nuit, c'est la situation inconfortable à laquelle se retrouvent confrontés deux étudiants martiniquais de Sciences Po Rennes. La direction de l'établissement a décidé de maintenir les examens prévus à partir du 11 mai pendant deux semaines, à distance en raison de la non-reprise des cours dans le supérieur suite à l'épidémie de coronavirus. 
 

"Vous allez devoir prendre un autre rythme de vie"

Problème, plusieurs épreuves sont prévues entre 9h et 12h, heure de Paris, soit entre 3h et 6h du matin en Martinique. Pourtant, "le directeur avait assuré que des modalités particulières seraient prises pour ces mêmes étudiants", explique Dimitri Guézel-Romanov. Cet étudiant à Sciences Po Rennes a relayé sur son compte Twitter la réponse de l'établissement, lorsque l'un des élèves en Martinique a demandé un aménagement :
 
Interrogé par France Bleu, l'étudiant concerné déplore un manque de considération : "Ils auraient pu me donner des arguments de logistique par exemple, mais pas juste ça."
 

Pétition pour annuler les partiels

Une situation injuste, selon de nombreux étudiants de l'établissement. Selon la liste étudiante "PNL - Pour une nouvelle liste", au moins 450 étudiants ont signé une pétition pour demander l'annulation des partiels qui "ne font que creuser l'inégalité entre les étudiant.e.s". D'autres inégalités sont dénoncées : problèmes de connexion internet, difficultés à rester 3 heures en continu devant un ordinateur, ... 
 

Une enquête menée auprès des étudiants de l’Institut a montré que 30% d’entre eux n’étaient pas en conditions normales pour passer ces partiels.
Dimitiri Guézel-Romanov


Certains étudiants déplorent également le choix du logiciel à utiliser pour passer les examens, "TestWe", un logiciel d'examens en ligne, jugé "intrusif" et "problématique dans sa gestion des données personnelles, n'ayant pas été contrôlé par la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés, NDLR)"
 

"Pour nous étudiants ultramarins, c'est compliqué"

"Évidemment, ça me révolte", commente une étudiante réunionnaise de l'institut rennais. Elle a choisi de rester dans l'Hexagone afin d'éviter de devoir passer ses examens confinée dans un hôtel à La Réunion. Elle ajoute : "Pour nous étudiants ultramarins qui sommes restés, c'est assez compliqué parce qu'on est éloignés, on subit l'éloignement et passer des examens dans les conditions qu'on nous impose, c'est assez stressant. Ce ne sont pas des conditions idéales."
 
L'association des étudiants réunionnais de l'Hexagone a interpellé ce dimanche le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer et la visibilité des Outre-mer demandant "que
"l'effort" demandé aux étudiants ultramarins soit pris en compte dans le déroulement des examens
", quitte à saisir directement les établissements concernés. Contactée, la délégation a expliqué chercher à recenser les étudiants concernés.

Selon les étudiants contactés, une requête auprès du tribunal administratif serait en préparation, face "la rupture d'égalité pour les étudiants" que représentent les partiels en ligne. Sollicitées par mail, les équipes de Sciences Po Rennes n'ont pas encore donné suite. 
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