Coronavirus : enquête criminelle autour du paquebot Ruby Princess en Australie

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Ruby Princess
Des officiers de police s'apprêtant à monter à bord du Ruby Princess ©NATHAN PATTERSON / NEW SOUTH WALES POLICE / AFP
La police est montée à bord du Ruby Princess, amarré dans un port près de Sydney en Australie. Elle a notamment saisi la boîte noire du paquebot dans le cadre d’une enquête criminelle. Un grand nombre des croisiéristes était atteint du coronavirus. Depuis, quinze personnes sont décédées.
 
Le coronavirus est au centre d’une enquête criminelle sur ce qui est considéré comme la source d’infection la plus meurtrière en Australie. L’affaire du Ruby Princess est perçue comme un scandale par population. Le 19 mars dernier, le paquebot avait débarqué à Sydney 2700 passagers sans contrôle sanitaire. Ils ont regagné leurs domiciles dans tout le pays alors que nombre d’entre eux présentaient des symptômes du coronavirus.

Depuis, au moins quinze morts (sur les 51 décès comptés en Australie depuis le début de l’épidémie) seraient liées à ce débarquement. Entre 600 et 700 cas de Covid-19 seraient aussi concernés par cette affaire, dont ceux de 361 passagers et au moins 18 membres d’équipage.
   

La boîte noire du paquebot saisie

 
Sur ordre du coroner de Nouvelle-Galles-du Sud, des policiers sont montés sur le navire amarré au port de Kembla, au sud de Sydney, pour recueillir des preuves. Leur chef, le commissaire Mick Fuller, détaille l'action. 
 

Ils ont parlé au capitaine du navire,  qui a été extrêmement coopératif. Les navires ont une boîte noire, très similaire à celle des avions internationaux, cet objet et d'autres éléments de preuve ont été saisis pour complément d'enquête. 

 

Trois membres de l’équipage sur quatre veulent rester à bord

 
200 membres de l’équipage présentent des symptômes du Covid-19. Les cas les plus graves sont soignés en Australie. Mais selon le commissaire Fuller,  ils seraient plus de 1000 personnels toujours sur le bateau. Les trois quarts d’entre eux voudraient y rester car "ils se sentent en sécurité sur le navire". Il pense que "c'est une bonne conséquence du fait que nous travaillons en étroite collaboration avec Carnival" (la société propriétaire du navire).
 

Je tiens également à remercier la population locale . La population locale a déposé un certain nombre de colis sanitaires au port pour les membres de l’équipage, ce qui, je pense, en dit long sur la population locale dans la zone sud.
- Mick Fuller, le commissaire


L’équipage ne peut débarquer qu’en cas d’urgence. Le bateau devrait repartir vers les Bermudes d’ici quelques jours.
   

Enquête approfondie

 
L’enquête s’orientera en fonction d’un rapport médical très attendu. Par ailleurs, des milliers de personnes doivent être interrogées pour savoir si les lois sur la biosécurité et sur les frontières ont été violées et si une "négligence criminelle" a été commise, explique le commissaire. Il précise que seule une enquête criminelle permet de répondre à certains de ces points. Seront passées au peigne fin toutes les actions des organismes impliqués : autorités du port, police, personnels paramédicaux, département de la santé de l’Etat de Nouvelle-Galles-du Sud, autorités à bord du navire et aussi chez Carnival Australia.

La police s’interroge notamment sur la transparence de Carnival et de son équipage à propos de l’Etat sanitaire à bord du bateau. La compagnie se dit prête à répondre là-dessus. Mais beaucoup dans le pays mettent violemment en cause la négligence des autorités pour avoir laissé partir les passagers.
 
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