Coronavirus : "La question de la faim" se pose en Outre-mer, reconnaît Annick Girardin

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Annick Girardin, ministre des Outre-mer
"La question de la faim est existante dans les territoires d'outre-mer" en pleine crise du coronavirus, a reconnu mardi la ministre des Outre-mer Annick Girardin, ajoutant que les aides alimentaires seront "plus importantes" en Guyane et à Mayotte.
"Oui il y a à Mayotte, en Guyane et dans d'autres territoires d'outre-mer des problématiques de faim aujourd'hui", a déclaré la ministre auditionnée par la mission d'information sur le coronavirus de l'Assemblée nationale.
 

Comme dans d'autres régions, ou dans d'autres quartiers dans l'hexagone, on a un problème avec le travail informel qui aujourd'hui ne fonctionne plus parce que confinement, il n'y a donc plus d'argent qui circule, comme ça pouvait circuler avant. [...] Cette absence de possibilité d'acheter à manger est une véritable problématique sur ces territoires. C'est pour ça que, en Guyane comme à Mayotte, les aides alimentaires seront plus importantes que dans les autres territoires ultramarins.

 

Bons alimentaires et chèques-service

La "prestation spécifique des restaurations scolaires" a été "redirigée vers des aides sous forme de prestations monétaires aux familles (et sous forme de panier repas à Mayotte) pour répondre aux besoins des enfants qui sont aujourd'hui à la maison" et qui ne bénéficient plus des repas qu'ils prenaient à la cantine. Cela représente "environ 19 millions d'euros pour 289.000 enfants jugés défavorisés, pour les deux mois de confinement".

Pour Mayotte et la Guyane, il y a aussi "une aide alimentaire supplémentaire pour deux mois, sous forme de bons alimentaires" distribués par la Croix-Rouge et "financés sur du droit commun", pour un total de 1,3 million d'euros à Mayotte et 1,2 million d'euros en Guyane.

Enfin, elle a aussi rappelé qu'une aide pour les SDF avait aussi été déployée en outre-mer sous forme de chèques-service (6.000 bénéficiaires ultramarins, pour un montant de 630.000 euros).
 

Tensions

"Cette crise sanitaire, cette crise économique, c'est aussi une crise de l'ordre public que nous pouvons craindre dans certains territoires", a ajouté la ministre, évoquant "beaucoup d'agressions (...) en direction des forces de l'ordre" à Mayotte et "quelques tensions en Guyane".

"C'est un sujet (sur lequel) je veille de très près et je n'hésiterai pas à mettre des mesures supplémentaires", a-t-elle dit.
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