Coronavirus : la menace plane sur les Outre-mer, le point sur les mesures mises en oeuvre

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©Jodi Amiet / Richard Bouhet / AFP / JUAN GAERTNER / SCIENCE PHOTO LIBR / JGT / SCIENCE PHOTO LIBRARY
Alors que le risque de pandémie grandit, la France a habilité 30 hôpitaux à recevoir et traiter des patients touchés par le coronavirus, dont cinq en Outre-mer. Plusieurs protocoles, spécifiques à ces territoires, ont été mis en place ces derniers jours. Le point sur les différentes mesures.
Au 25 février, aucun cas confirmé de contamination au coronavirus n’a été identifié Outre-mer, alors que 12 ont été recensés dans l’Hexagone. Parmi eux, 11 sont guéris et un touriste chinois de 80 ans est décédé le 14 février.

Un Calédonien figure parmi les personnes touchées par le virus : Michel Vittori a été contrôlé positif au large de Tokyo au Japon, alors qu'il se trouvait sur le bateau de croisière Diamond Princess avec son épouse. Un autre Calédonien a été rappatrié de Wuhan fin janvier et placé en quarantaine pendant deux semaines près de Marseille. Il n'avait pas contracté la maladie. 
Michel Vittori et son épouse
Michel Vittori et son épouse, sur le paquebot, dans le port de Yokohama ©DR
 

Listes des hôpitaux mobilisés Outre-mer

38 établissements de santé, dont cinq en Outre-mer, sont d’ores et déjà prêts à accueillir des malades. Ainsi, les CHU de Guadeloupe, de Martinique, de La Réunion et les CH de Cayenne en Guyane et Mayotte figurent aussi parmi les hôpitaux habilités à recevoir des patients malades du Covid-19. 70 autres établissements vont être activés, selon le ministère de la Santé.  

Le CHUM, l’hôpital de Martinique, est prêt, selon l’ARS, pour la prise en charge de cas possibles de coronavirus en provenance de Chine. Il dispose en effet des capacités d’hospitalisation répondant aux critères stricts d’isolement et de protection pour les patients et les professionnels de santé. Dans le cas d'une épidémie déclarée, le centre hospitalier du Marin pourra aider à faire face à la situation.
 

Ports et aéroports sous haute surveillance

► La Polynésie met en place un protocole à l’arrivée des vols internationaux
Le 10 février, les autorités de Polynésie mettent en œuvre des mesures préventives : tous les vols internationaux atterrissant à l’aéroport de Faa’a font désormais l’objet d’un contrôle sanitaire. Le 10 février, deux infirmières et un médecin d'une société privée sont, ainsi, chargés de prendre la température de la totalité des passagers et de récupérer des fiches sanitaires remplies dans l’avion.

"C'est le tout début de la mise en place de ce protocole, en sachant que les directives évoluent au quotidien en fonction de l'évolution de l'épidémie, explique Lisa Urtiaga, médecin chargée du contrôle sanitaire. Donc tout le monde dans l’équipe est sur le qui-vive." Pour se rendre en Polynésie, les passagers doivent également être munis d’un certificat médical datant de moins de cinq jours, normalement exigé à l’embarquement. Pourtant, à l’arrivée du vol de Tokyo samedi 15 février, presque aucun passager n’était muni de ce certificat.
► À La Réunion, Air Austral suspend ses vols vers la Chine
Comme Air Madagascar avant elle, la compagnie aérienne réunionnaise a suspendu ses vols entre l’île de La Réunion et Canton en Chine à partir du 8 février et jusqu’au 30 juin. Ces vols étaient opérés en partenariat avec Air Madagascar. La décision a été prise le mercredi 29 janvier et des mesures commerciales ont été mises en place, comme le report sans frais ou remboursement des voyages.

► L'île Maurice ferme son territoire à certains Italiens
À quelques encablures de La Réunion, quarante passagers d'un vol Alitalia en provenance des régions d'Italie les plus touchées par l'épidémie ont dû repartir vers Rome après avoir été interdits d'entrée sur le sol de l'île Maurice. Lundi 24 février, dans un premier temps, les 300 passagers de l'avion n'avaient pas pu débarquer. Désormais, tous les passagers ayant séjourné en Lombardie, Vénétie ou Émilie-Romagne au cours des 14 derniers jours ne sont plus autorisés à entrer sur le territoire mauricien. 

► La Guadeloupe scrute les déclarations maritimes de santé
Les navires qui veulent accoster en Guadeloupe doivent transmettre, 24h avant leur arrivée, la déclaration maritime de santé, un certificat qui atteste de l’état sanitaire du navire. Des personnes malades à bord du navire mais aucun lien avec la Chine. Ces déclarations sont obligatoires pour tous les bateaux qui souhaitent entrer dans le Port-de Pointe-A-Pitre ou ailleurs en France.

 

Des ressortissants chinois privés d'autorisation de travail

La Polynésie française compte à ce jour plus de 400 autorisations de travail en cours de validité pour des ressortissants de nationalité chinoise. Le gouvernement de Polynésie a renforcé les mesures concernant les autorisations de travail sur son territoire. Une décision qui a particulièment touchée le secteur de la perliculture. Il emploie près de 380 greffeurs chinois, dont beaucoup étaient rentrés chez eux pour les festivités du Nouvel an. 

Le ministère en charge de l'Emploi peut désormais accorder ou refuser une autorisation de travail en fonction de plusieurs critères, comme la situation familiale du travailleur par exemple. Le retrait ou la suspension d'une autorisation de travail peut être pris comme une mesure de police administrative spéciale. Elle devra être motivée.
 

Rumeurs de pénurie 

Mi-février, des habitants de l'île de Mayotte sont pris de panique : le riz, aliment de base de l'alimentation, pourrait venir à manquer. De nombreux Mahorais se précipitent dans les magasins pour faire des réserves. Derrière cet événement, une autre rumeur qui prétendait que le 101e département franaçais allait stopper l'importation de riz en provenance de Chine à cause du coronavirus.