Coronavirus : en Nouvelle-Calédonie, le nickel fait face à la pandémie

chronique économique
NICKEL
Massif minier de Poum en Nouvelle-Calédonie ©AFP
La production de nickel du Caillou tenait bon malgré la crise. Elle va ralentir. Les opérateurs ont immédiatement adopté les mesures de précaution et de confinement décidées par les autorités calédoniennes. Les plans étaient prêts. KNS ralentit, la SLN maintient sa production, pour le moment.
Impactée, l’industrie minière et métallurgique de la Nouvelle-Calédonie va désormais poursuivre son activité, mais plus ou moins au ralenti. KNS (SMSP-Glencore), l’a déjà confirmé à Nouvelle-Calédonie 1ere.  A Paris, on indique de source proche du groupe Eramet, que la SLN, opérateur historique de l'industrie mondiale du nickel, maintient, pour le moment, sa production. "Quoi qu'il en soit, le nickel fait partie des filières jugées économiquement majeures qui seront préservées" ont indiqué les autorités calédoniennes.

KNS réduit sa production, la City observe
Dans les salles de rédaction de la City, on regarde de près la situation en Nouvelle-calédonie, cinquième producteur mondial de nickel. La décision, ce 23 mars, de l’industriel KNS de "mettre en sommeil" la production de l’usine de nickel du Nord suscite l'intérêt des analystes. "Glencore réduit la production de nickel du Koniambo dans le contexte de pandémie du coronavirus et afin de protéger ses salarié(e)s", écrit Amy Hinton, journaliste et spécialiste du secteur du nickel au Metal Bulletin, "des opérations minimales de raffinage permettront à l’usine d’être partiellement opérationnelle." La baisse de la production calédonienne, avec l'arrêt provisoire de KNS, aura des conséquences sur l’offre mondiale et donc sur les prix. C'est aussi, forcément, une mauvaise nouvelle pour Glencore et la SMSP, son partenaire calédonien, l'actionnaire majoritaire du projet. Une hausse de la production de l’usine du Koniambo était prévue, elle devait augmenter de 18.000 tonnes par an de 2020 à 2022. Mais, c’était avant la pandémie du coronavirus…

La SLN maintient sa production, pour le moment
Pour la SLN, filiale du groupe Eramet, et berceau de l'industrie mondiale du nickel, l'activité se poursuivait encore normalement ce lundi, sans baisse de la production. Le plan de poursuite de l'activité a été activé, il était prêt depuis plusieurs semaines. "La protection des salariés contre le coronavirus est au centre des priorités" a indiqué un responsable d'Eramet à Paris, "dans le cadre des mesures de protection décidées par le gouvernement calédonien." Les exportations de minerai seront néanmoins sans doute impactées par les mesures de confinement imposées aux minéraliers de retour sur le Territoire. 

Londres : le nickel baisse
A Londres, la Bourse des métaux est fermée, et elle le restera tant que durera l’épidémie de coronavirus. Pendant la journée, alors que nous approchions de la clôture des échanges électroniques effectués sur la plateforme LMEselect, le prix du nickel subissait une correction, dans le sillage des contrats sur l’acier inoxydable. "Les prix de l’inox ont atteint des creux inquiétants qui pèsent sur son ingrédient, le nickel", a précisé Alastair Munro, analyste de Marex Spectron, depuis son bureau londonien. Le cours du nickel chutait sous le seuil des 11.000 dollars la tonne.

Tenir, attendre, rebondir...
Sur les fils d’information du secteur des métaux, le journal électronique de la Bourse de Shanghai, SMM rapporte que les importations chinoises de minerai de nickel en février ont chuté de 32 % en glissement annuel à 1,38 million de tonnes - suite à la mise en œuvre de l'interdiction d'exportation du minerai indonésien conjuguée aux effets du coronavirus sur la production de nickel du pays. Les industriels chinois se sont reportés vers des achats aux Philippines, en Australie et en Nouvelle-Calédonie, croit savoir un expert du secteur. "Le coronavirus a accentué la tendance baissière (du nickel), mais de manière moins spectaculaire qu’anticipée dans la mesure où les importations chinoises de minerai n’ont au fond que peu faibli", a commenté Philippe Chalmin, universitaire et historien des matières premières, dans sa dernière analyse pour la revue Cyclope.

Cours du nickel au LME de Londres, le 23/03/2020 à 17h30 GMT 10.955 dollars/tonne - 3,30 %. 










 
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