Coronavirus : le gouvernement va prendre en compte "l'effort" des étudiants ultramarins et "les aider" (Sibeth Ndiaye)

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Sibeth Ndiaye
Sibeth Ndiaye après le conseil des ministres du 15 avril. ©Michel Euler / POOL / AFP
Emmanuel Macron a annoncé lundi une "aide" aux étudiants "les plus précaires" coincés dans l'Hexagone. Annonce confirmée au terme du conseil des ministres mercredi. Que peuvent espérer les jeunes ultramarins coupés de leur famille alors que les cours ne reprendront "pas physiquement jusqu'à l'été" ?

Les étudiants les plus précaires, vivant parfois loin de leur famille, en particulier lorsque celles-ci viennent d'Outre-mer, seront aussi aidés.
-- Emmanuel Macron, lundi 13 avril 2020


Regardez l’extrait ici : 
Emmanuel Macron annonce une aide exceptionnelle, notamment pour les étudiants d'Outre-mer
 

Une annonce saluée

Le député de Guadeloupe Olivier Serva, président de la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale, a salué, mardi, cette annonce du chef de l’État, de même que la députée réunionnaise Nadia Ramassamy. L’Union des Etudiants Réunionnais de l’Hexagone (UERH) se réjouit, elle aussi, dans un communiqué : "Des propos forts, répondant à la mobilisation des associations ultramarines, en particulier celle de l'UERH et de ses sympathisants."
 
Interrogé par Réunion la 1ère, Valentin Chambon, porte-parole de l'UERH, temporise tout de même : "pour l'instant, on n'a pas plus de visibilté, on attend ce qui va être décidé à l'issu du conseil des ministres ce mercredi." Les étudiants réunionnais sont à l'origine d'une plateforme solidaire interactive. Mêmes précautions du côté de la présidente de l'association des étudiants mahorais de Montpellier qui y voit "une bonne nouvelle, oui et non" explique Faiza Houmadi à Mayotte la 1ère, "parce qu'on n'a pas encore eu de précisions donc nous attendons le conseil des ministres."

Au terme du conseil des ministres du mercredi 15 janvier, Sibeth Ndiaye n'a pas apporté beaucoup plus de précisions : "la ministre des Outre-mer (...) aura l'occasion de faire un certain nombre de propositions dans les jours à venir pour pouvoir les aider", a confirmé la porte-parole du gouvernement, "en organisant, notamment, leur retour dans leurs foyers originels."
©la1ere
 

Un dispositif encore à l’étude

"Nous réfléchissons à l’accompagnement du retour de nos jeunes étudiants", a déclaré, quant à elle, Annick Girardin, mardi 14 avril, lors de son audition dans le cadre de la mission d’information sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de Coronavirus Covid-19 de l’Assemblée nationale. La question du retour des étudiants est, désormais, au cœur des préoccupations, car le président de la République a confirmé, lundi soir, que les cours à l’université ne reprendront "pas physiquement jusqu’à l’été".

Examens en présentiel ou dématérialisés, différentes options sont à l'études dans les pôles universitaires hexagonaux. Une réponse devrait être apportée d'ici le 11 mai, début possible d'un déconfinement progressif. Si la date est maintenue, dans moins d'un mois, des milliers d'étudiants ultramarins pourraient donc demander à rejoindre leurs familles, après avoir été contraints de rester huit semaines dans l'Hexagone. La délégation interministérielle à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et à la visibilité des Outre-mer se penche d'ores et déjà sur la question et apporte de premiers éléments de réponse.
 

Le tissu associatif en première ligne

Maël Disa-Vingataramin, le délégué interministériel, souhaite s'appuyer sur l'épais tissu associatif. Comme l’UERH, les associations ultramarines vont ainsi jouer un rôle clé dans cette fin d’année universitaire. D’abord, pour orienter les étudiants vers les aides d’ores et déjà disponibles (bons alimentaires, aide à l’achat en urgence de matériel informatique, aide au paiement des loyers…) et listées dans cet article : 
"On va accompagner les associations pour qu'elles-mêmes puissent accompagner les étudiants", précise Maël Disa-Vingataramin, "et nous faire remonter le cas qui nécessite un volet d'aides supplémentaires". La délégation compte également s'appuyer sur ces associations pour accélérer le recensement des étudiants ultramarins qui se rouvent aujourd’hui dans l’Hexagone.
 

Comment bénéficier d'une aide exceptionnelle ? 

"Chaque situation est tellement spécifique qu'il faut à un moment donné faire du sur-mesure, explique Maël Disa-Vingataramin. Certains vont pouvoir trouver leur bonheur dans les aides exixtantes et pour d'autres il faudra faire une aide supplémentaire."  Afin de définir les besoins prioritaires, la délégation interministérielle va mettre en place, d’ici la fin de la semaine, un formulaire dédié sur la plateforme de solidarité qu'elle a lancée le 3 avril. Il s’agira de répondre à une liste de questions qui permettront d’identifier les besoins et d’y répondre, au cas par cas, quand ce sera nécessaire.
Plateforme Outre-mer
https://outremersolidaires.gouv.fr/ ©Capture d'écran

Une fois ce recensement des étudiants et des besoins réalisé, la délégation prévoit "d'organiser des quarantaines dans le cadre d'éventuels retours" quand le déconfinement sera amorcé, les liaisons aériennes rétablies là où c'est nécessaire et si la situation sanitaire du territoire d'arrivée permet ce retour. Les étudiants qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas renter continueront d'être accompagnés au-delà de la fin du confinement, "que ce soit en termes d'aide psychologique ou tout simplement pour payer leur loyer", assure, enfin, Maël Disa-Vingataramin. 
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