De son enfance en Martinique à sa violente interpellation par des policiers, le producteur de musique Michel Zecler se confie dans un livre

agression
Michel Zecler invité de C la1ère sur le portail Outre-mer la1ère
©Célia Cléry
Dans un livre, Rester debout (éditions Plon), Michel Zecler revient sur son parcours et sur le 21 novembre 2020, le jour où sa vie a basculé. Le producteur de musique a été tabassé par des policiers dans son studio d'enregistrement à Paris. Il était invité ce jeudi de l'émission C la1ère.

D'une voix calme et posée, Michel Zecler a répondu ce jeudi 13 janvier aux questions de Christopher Faleyras dans l'émission C la1ère. Dans cet entretien, le producteur de musique originaire de la Martinique revient sur ce qui l’a poussé à écrire son livre, Rester debout.  

Un livre pour "ancrer dans le sol la vérité" 

Paru fin novembre chez Plon, le livre est pour Michel Zecler “un récit factuel, froid”. Il revient sur l’agression dont il a été victime le 21 novembre 2020. Trois policiers sont soupçonnés de l'avoir roué de coups dans son studio d’enregistrement à Paris. Des actes filmés par la vidéosurveillance installée dans le studio et révélés par le site d’information Loopsider

J'ai vécu tout ça. Un certain nombre de gens ont vu ces images-là. Ce n'est pas évident à porter. Il faut que ça serve à quelque chose. C’est pour ça que je suis là. C'est pour cela que j'ai écrit.

Michel Zecler

Le producteur de musique parle aussi de son enfance au Marigot en Martinique. Il raconte son parcours pour que le lecteur comprenne qui il est aujourd’hui. L’homme fustige ceux qui ont cherché à le décrédibiliser en fouillant dans son passé.

Extrait de l'émission C la1ère du jeudi 13 janvier 2022 avec Michel Zecler

Rester debout - livre de Michel Zecler (Plon)
©Célia Cléry

"Je dois aux images le fait qu’aujourd’hui, on me croie"

Michel Zecler confie pudiquement garder des séquelles de l’agression. Il évoque spontanément des victimes de violences policières alors que, selon lui, il doit sa liberté à la diffusion des images de vidéosurveillance. 

"Il y a trop d’affaires où la police est accusée de faire usage de la force illégitimement. (…) Quand je vois des familles de victimes, c’est extrêmement dur pour moi. Ces gens-là pleurent leur fils, leur frère, leur mari. Et moi, je suis ici, je suis vivant devant eux." 

"Je parle beaucoup de Claude Jean-Pierre qui a été agressé le même jour que moi en Guadeloupe. Lui ne s’en est pas sorti. Il est décédé suite à un contrôle de police. Ce qui est scandaleux. On a sorti ce monsieur de sa voiture qui a eu le coup brisé. (…) Quand j’y pense cela me donne la chair de poule. Ça doit être très dur pour la famille qui se bat."

Après son agression, quatre policiers ont été mis en examen. Trois l’ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique" et "faux en écriture publique". Un quatrième pour des "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" sur Michel Zecler et sur les neuf personnes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio de musique où s’est produite l’agression. Ce quatrième mis en cause est soupçonné d’avoir jeté une grenade lacrymogène. L'instruction est en cours.

En attendant la réponse de la justice, Michel Zecler espère que son livre permettra d’ouvrir le dialogue. Il a créé une fondation pour tenter de réconcilier les jeunes avec la police.