Des associations de l'Hexagone se mobilisent pour aider Haïti

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A la recherche des survivants dans les décombres en Haïti
A la recherche des survivants dans les décombres en Haïti ©Reginald LOUISSAINT JR / AFP
La solidarité s’organise pour aider Haïti. Samedi, le pays a été frappé par un séisme de magnitude 7,2. Selon le dernier bilan, près de 1.400 personnes sont mortes.

Comment aider Haïti au mieux ? Samedi 14 août, un séisme de magnitude 7,2 a frappé le pays. Le dernier bilan fait état de 1.400 morts. Dans l’Hexagone aussi, la solidarité se met en place. Les Architectes de l'urgence, le collectif Haïti de France ou encore le Secours populaire français font partie des associations qui se mobilisent.

Reconstruire vite et bien

Des écoles, des hôpitaux, des maisons ont été détruites par le séisme du 14 août, alors qu'Haïti a encore des séquelles du séisme de 2010 et de l'ouragan Matthew de 2016. Depuis cette date, la fédération des Architectes de l'urgence est très présente sur le territoire. Les constructions qu’elle a réalisées ces dernières années n’ont pas été touchées. Mais pour continuer ou entreprendre d’autres projets, la fédération lance un appel aux dons

"Construire, ça coûte cher, résume Patrick Coulombel, fondateur des Architectes de l'urgence. Pour une petite école, ne serait-ce qu'en réhabilitation, avec du renforcement parasismique, c'est entre 30 et 50.000 euros à mettre sur la table. Si on ne fait pas d'appel aux dons, alors que nous sommes des constructeurs et que c'est dans notre métier de le faire, je ne sais pas qui va le faire. Une fois que l'urgence médicale va être passée, les gens vont rester avec les ruines sinon." 

Il n'y a pas d'autres solutions que de le dire tout de suite : il va nous falloir de l'argent et les sommes vont être conséquentes.

Patrick Coulombel, fondateur des Architectes de l'urgence

 

Pour Patrick Coulombel, il vaut mieux construire du définitif au plus vite, et pas forcément passer par du transitoire. "C'est assez facile d'arriver avec des conteneurs chargés dans des pays tiers qui ne sont pas trop éloignés comme les Etats-Unis ou le Canada, des conteneurs qui sont instalables à très court terme. Et puis derrière ça, ce sont des choses qui ne tiennent pas au premier cyclone et qui n'ont aucune pérennité sur le long terme".

L'idée, c'est de faire de la reconstruction durable tout de suite. C'est une question de volonté. Ce n'est pas une question de moyens parce que ça coûte quasiment le même prix que de faire du transitoire mal fait.

Patrick Coulombel, fondateur des Architectes de l'urgence

 

a coûte quasiment aussi cher que de faire de la reconstruction localement, avec des matérieux locaux et la population locale", conclut Patrick Coulombel.

Aider les associations haïtiennes

Travailler avec les partenaires sur place, c'est aussi l'objectif du Secours populaire français et du collectif Haïti de France. Dès l’annonce du séisme, le Secours populaire français a tout de suite débloquer son fond d’urgence. L’association a envoyé 60.000 euros à des associations avec qui elle travaille en Haïti. "Il peuvent démarrer déjà, soit avancer sur leur propre trésorerie, soit commencer aussi à examiner les conditions pour acheter, acheminer", explique Corinne Makowski, la secrétaire nationale du Secours populaire français

Des initiatives vont se mettre petit à petit en place pour récolter le maximum d'argent possible. Un appel aux dons est aussi lancé. Lors du séisme de 2010 en Haïti, ce sont 4,5 millions d’euros qui ont été collectés par le Secours populaire.

Aider du mieux possible

De son côté, le collectif Haïti de France, composé d'une soixantaine d'associations, veut bien cerner les besoins de ses partenaires sur place avant de prendre des décisions. "Nous allons donc nous réunir ensemble, pour voir comment nous allons nous organiser : si c'est un appel aux dons, si c'est un appel à des compétences qu'on peut trouver sur place, explique Chantal Guerrier, présidente de l’association Franco-Haïtienne de l’Oise, membre du collectif. Mais avant de lancer quoi que ce soit, on réfléchit parce qu'on ne voudrait pas tomber dans des erreurs qui avaient déjà été commises lors du premier séisme de 2010."