En Chine, son premier client, le nickel de la Nouvelle-Calédonie se fait rare

nickel
Chine
Port industriel de Rizhao en Chine, terminal du nickel calédonien ©AFP

Des usines et des mines à l’arrêt ou au ralenti, mais aussi de fortes pluies impactent sévèrement le cinquième producteur mondial de nickel. En Chine, les stocks et les livraisons de nickel de la Nouvelle-Calédonie fondent comme neige au soleil.

C’est le site d’information du marché des métaux de Shanghai qui l’indique et  Marex Spectron, un important négociant industriel qui reprend l'information. Les stocks de minerai et les conteneurs de ferronickel de la Nouvelle-Calédonie sont en forte baisse sur les quais des ports industriels du pays.

Quelques conteneurs

Quelques conteneurs de la SLN ou de KNS sont bien arrivés, mais beaucoup moins que désiré par les sidérurgistes chinois. Et les livraisons de minerai ont aussi baissé. Quant aux conteneurs de nickel raffiné de l’usine du Sud, ils ont tout simplement disparu. "On fait ce qu'on peut pour envoyer des conteneurs de ferronickel, mais la puissance des fours et notre production sont ralenties par la situation de nos mines" a indiqué un métallurgiste de la SLN.

Production en chute

Le "Métal du diable" est en train de jouer un sale tour à la Nouvelle-Calédonie confrontée à l’arrêt de l’usine du Sud, au fort ralentissement de la SLN, aux difficultés industrielles de KNS. Et de fortes pluies ont ralenti les exportations de minerai, comme en Indonésie et aux Philippines récemment. Mais en Nouvelle-Calédonie, tout se cumule en même temps.

L'industrie chinoise pénalisée

L’économie de la Chine, en tout cas sa production sidérurgique s’en ressent. La forte baisse des exportations calédoniennes a entraîné, pour la première fois dans l’histoire récente, une flambée spéculative du nickel, à Londres comme à Shanghai. En deux semaines, le nickel a progressé de 9 %. Une hausse qui n'arrange que les spéculateurs et les producteurs comme l'Indonésie, le Canada ou la Russie. 

Le risque, c’est aussi que la Chine choisisse d’autres partenaires que la Nouvelle-Calédonie, dont elle importe 70 % de la production de nickel même si je ne crois pas qu’on aille jusqu’à une production zéro du Territoire

Jim Lennon, analyste de la banque australienne MacQuarie

 

Le nickel reprend sa hausse

Lundi matin, le prix du nickel est reparti à la hausse, les sidérurgistes chinois le paient plus cher, ce n’est pas bon pour l’industrie chinoise de l'acier inoxydable. La situation profite aux spéculateurs et aux concurrents de la Nouvelle-Calédonie. Ils s’enrichissent sur le dos du Territoire, dont la production a presque disparu des écrans. La Nouvelle-Calédonie a perdu des milliards de francs Pacifique.

mine de la SLN
Une mine de la SLN (ERAMET) en Nouvelle-Calédonie. ©Alain Jeannin

Cours du nickel au LME de Londres, le 18/01/2021 à 14:00 GMT 18.135 dollars/tonne +0,64 %