En Guyane, la vaccination patine malgré l'ouverture aux 30 ans, voire 18 ans

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Centre de vaccination à Cayenne
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"Nous avons plus de doses que de demandes" : En Guyane, les autorités sanitaires déplorent une faible adhésion de la population à la vaccination contre le Covid-19, alors que l'incidence du variant brésilien augmente fortement.

"Les créneaux de rendez-vous ne sont pas pleins. Il faut augmenter la vaccination", a ajouté mardi l'agence régionale de santé (ARS) de Guyane. Le ministère de la santé a constaté "un écart important", de la couverture vaccinale "par rapport à la population du territoire métropolitain", évoquant "une question d'adhésion". C'est la raison pour laquelle le ministère a "très largement adapté les cibles vaccinales pour créer un effet d'entraînement".

La vaccination a été élargie la semaine dernière aux personnes de plus de 30 ans, 7.268 Guyanais avaient reçu deux doses de vaccin Pfizer (le seul administré en Guyane), lundi, selon le dernier comptage officiel. Car la moitié des habitants ont moins de 25 ans et le territoire a enregistré depuis 2020 l'un des taux les plus faibles de décès par habitant dus au coronavirus en France (98 décès pour 300.000 habitants).

La couverture vaccinale qui dépasse à peine 5% est jugée "trop limitée" par les autorités locales alors qu'un "premier cas de variant sud-africain" vient d'être repéré, selon l'ARS, qui évoque aussi une intensification de la circulation du variant brésilien P1.
  
Le variant brésilien, représente "plus de 84% des prélèvements positifs", avait indiqué la semaine dernière le préfet Thierry Queffelec. La population semble d'ailleurs plus volontaire dans les communes de l'est guyanais, aux portes du Brésil. Là, "La demande de vaccination est au rendez-vous", affirme le docteur Nicolas Vignier, coordinateur du dispositif.

L'élargissement, dans l'Est, de la vaccination dès 18 ans fin mars, avait entraîné "un afflux" soudain, selon le Dr Vignier, qui affirme que "le dispositif a été adapté et est fluide". Dans le chef-lieu, à Cayenne, où le taux d'incidence a franchi les 298 cas pour 100.000 habitants, le seul centre de vaccination est dorénavant ouvert le dimanche.

Un "nouveau centre" devrait être inauguré prochainement a aussi indiqué l'ARS à l'AFP. Mais dans la deuxième plus grande ville, à Saint-Laurent du Maroni, les demandes de vaccin sont "en baisse de 10%", a regretté mardi l'ARS, par l'intermédiaire de sa lettre d'information quotidienne.
Ce recul a débouché sur une initiative originale: un hypermarché de la ville propose des "bons d'achats de 5 euros" à ceux qui vont se faire vacciner. "Nous faisons ça parce que très peu de personnes se font vacciner. Y compris parmi mes salariés", a expliqué le gérant, Jan Du, au bulletin de l'ARS.

"Les maraudes et les visites dans les quartiers" et dans les communes alentour à Saint-Laurent "commencent à payer", estime pour sa part Didier Guidoni, le directeur du centre hospitalier de l'ouest guyanais (Chog), selon la même source. Le ministère de la Santé a indiqué qu'il enverrait plus de doses dans les jours et semaines à venir sur territoires particulièrement touchés par des variants, comme la Guyane.