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Un énorme gisement de terres rares découvert au sud du Japon, à 5000 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie

16 millions de tonnes de terres rares. Les gisements découverts par une équipe scientifique japonaise pourraient couvrir les besoins mondiaux de certains métaux pendant plusieurs siècles. Ils seraient exploitables dans un futur proche.

Stock et amoncellement de terres rares dans un port en Chine © AFP
© AFP Stock et amoncellement de terres rares dans un port en Chine
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le
Ces terres rares ont été découvertes dans les eaux du Japon près des iles de Minamitorishima et d’Iwo Jima, cette dernière île ayant été le lieu d’une intense bataille de la guerre du Pacifique. Situés sur une zone de 2500 km², ces gisements de terres rares couvrent les fonds marins de l’archipel d'Ogasawara (Bonin Islands), à environ 2000 kilomètres au sud-est de Tokyo, dans la mer des Philippines. La végétation locale est composée d'un certain nombre de plantes que l’on retrouve aussi en Nouvelle-Calédonie, distante de 5 000 kilomètres.

Une ressource quasi-infinie

Une première découverte de ces gisements japonais avait été faite en 2013. Les scientifiques avaient alors estimé que les terres rares sous-marines représentaient 6,8 millions de tonnes. Un article récemment publié dans la revue scientifique Nature a revu cette estimation à la hausse. Il estime qu’il y aurait une réserve de 16 millions de tonnes de métaux précieux. Les éléments contenus dans ces sols (dysprosium, europium, terbium, yttrium) sont précieux. Ils composent de nombreuses technologies : véhicules hybrides, batteries électriques, éoliennes, écrans, technologies numériques…

Panneaux photovoltaïques, LED ou aimants des disques durs, ces métaux précieux sont essentiels à la fabrication d'objets technologiques.

Les chercheurs japonais ont analysé des échantillons de boues prélevés à 5 000 mètres de profondeur. À partir de ces extraits, ils ont analysé la quantité globale de terres rares dans l’ensemble de la zone. Selon eux, l’exploitation des gisements à une échelle industrielle est possible.

Nodules polymétalliques dans les eaux de l'île de Minamitorishima au Japon © AFP
© AFP Nodules polymétalliques dans les eaux de l'île de Minamitorishima au Japon

À l’échelon mondial, la plupart des terres rares se trouvent actuellement en Chine. Selon les scientifiques japonais, les gisements découverts pourraient être exploités dans un futur proche. Pour le Japon, les ressources de Minamitorishima sont de première importance. L’industrie technologique japonaise dépend essentiellement des terres rares qu'elle importe de Chine. Dans un futur proche, elle pourrait donc s'en émanciper.

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