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Eramet : la branche Alliages reprise en main par un expert de la métallurgie

Les turbulences ont fait fondre sa valeur boursière. Eramet veut que sa branche Alliages soit en conformité avec les meilleurs standards internationaux. C’est la feuille de route de Jérôme Fabre, son  patron. Un spécialiste des superalliages et du nickel.
 

Jérôme Fabre avec le Premier Ministre Manuel Valls dans l'usine ERAMET-SLN à Nouméa en avril 2016 © Alain Jeannin
© Alain Jeannin Jérôme Fabre avec le Premier Ministre Manuel Valls dans l'usine ERAMET-SLN à Nouméa en avril 2016
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Soutenu par des analyses positives des agences de notation Banque of America-Merrill Lynch et Exane BNP Paribas, le titre Eramet a regagné du terrain, mardi, à la bourse de Paris. L’action a progressé de près de 7 %. Son lundi noir l’avait vu chuter de plus de 20 %.
 

Objectif qualité

Insuffler une nouvelle énergie et surtout établir de nouveaux contrôles de qualité dans la branche Alliages du dernier géant minier et métallurgique français. C'est la feuille de route confiée par la PDG d'Eramet, Christel Bories à Jérôme Fabre. Le directeur général-adjoint du groupe est un X Ponts de 43 ans. Il appartient à l’élite des ingénieurs et des métallurgistes français et a contribué au sauvetage industriel de la SLN calédonienne qu’il a dirigé. Groupe métallurgique et minier présent en Nouvelle-Calédonie et au Gabon, dans le nickel et le manganèse, Eramet est aussi une entreprise de pointe dans les alliages et les superalliages, titane et aluminium, avec ses deux filiales, Erasteel, et Aubert & Duval. La branche Alliages est impliquée dans les programmes aéronautiques ou spatiaux les plus pointus, mais aussi dans les programmes liés aux nouveaux métaux de la transition énergétique.
 

Equipe soudée

Présidente du groupe Eramet depuis mai 2017, Christel Bories a rapidement fait part à Jérôme Fabre de son souhait de "réveiller cette belle endormie" selon son expression. "La transformatrice" comme on surnomme la PDG d’Eramet, ce serait sans doute bien passée du réveil très particulier qu’a vécu son groupe, lundi 10 décembre, dès les premières heures de la matinée à Paris. Un réveil d'une brutalité inattendue, une chute de plus de 20 % de l’action. Eramet, qui s’est conformé à ses obligations de transparence vis-à-vis du marché et des investisseurs, a subi "une baisse d’autant plus violente que le marché était morose, les investisseurs ont vendu leurs actions en attendant de voir la suite" a réagi Jean-François Lambert, consultant chez Lambert Commodities.
 

Ordre de bataille

Samedi 8 décembre à 13 heures, au cours du week-end, le groupe avait publié un communiqué de presse qui annonçait notamment "la mise en place d’un vaste plan pour améliorer le contrôle qualité de sa division Alliages" qui représente près de 30 % de ses revenus. Moins de quarante-huit heures après la publication du communiqué d’Eramet, le "lundi noir" du premier producteur mondial de ferronickel a fait fondre provisoirement sa capitalisation boursière de plus de 400 millions d'euros. La découverte d’un problème de contrôle qualité a entraîné une sur-réaction de la bourse.
 

Le groupe français devrait bénéficier de l’énorme marché des aciers au manganèse en Chine, ou encore de celui des superalliages nécessaires aux avions ou à la transition énergétique. Il veut disposer des standards qualités les plus élevés de l’industrie. Et visiblement un "problème a été découvert" poursuit Jean-François Lambert. De sources proches d’Eramet, on confirme avoir effectivement constaté "un manque de rigueur dans certains processus" sans plus de précision. Si aucune "atteinte à la sûreté" n’a été décelée dans les produits et alliages déjà livrés, le coût des mesures correctrices serait bien supérieur à 25 millions d’euros : "la bonne nouvelle, c’est que la direction d’Eramet est vigilante et dynamique. Ce n’est pas la catastrophe, jusqu’à preuve du contraire c’est un problème de process de fabrication qui ne concernerait pas les produits livrés par la branche Alliages" indique Fabrice Farigoule, analyste chez AlphaValue.

Depuis un sommet atteint au mois de mai, dans l'euphorie de résultats en hausse et des perspectives offertes par le marché mondial des batteries des véhicules électriques, le grand producteur de nickel et de manganèse a vu son action en bourse perdre 59 % de sa valeur. Ce mardi en fin d'après-midi, Eramet regagnait 7,27 %. Les investisseurs semblent y voir plus clair.
 

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