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Esclavage : Bordeaux se remémore son histoire négrière

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Bordeaux, deuxième port négrier
Bordeaux, deuxième port négrier (Gravure exposée au Musée d'Aquitaine) ©DR
La ville de Bordeaux -- jadis l'un des grands ports négriers de la métropole -- organise une série d'évènements autour de la 12e Journée nationale des mémoires de la traite et de l'esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai prochain.
De la fin du 17e siècle au milieu du 19e, la France a organisé quelque 4.000 expéditions négrières, dont près de 500 sont parties du port de Bordeaux, qui fut aussi durant
cette période le premier port d'échanges de denrées coloniales. Depuis 2006, à l'occasion des commémorations de l'abolition de la traite et de l'esclavage, la Ville de Bordeaux et de nombreuses associations se mobilisent pour perpétuer la mémoire de cette histoire négrière. 

Bordeaux
Vue de Bordeaux ©Ludovic Misant/ Hemis.fr /AFP

 

Traites et esclavages de l'Atlantique

Du 5 au 20 mai s'enchaînent concerts, expositions et conférences sur les traites et esclavages du passé, mais aussi contemporains.  L'un des temps forts de ces commémorations, les 6èmes Rencontres Atlantiques, proposent au Musée d'Aquitaine (les 11 et 12 mai) d'analyser "les traites et esclavages de l'Atlantique au prisme d'artistes contemporains". 

Le musée d'Aquitaine
Le musée d'Aquitaine ©CB

 

Le centenaire du débarquement de 1917

Parallèlement, l'association Mémoires et Partages veut apporter sa contribution "dans le contexte d'un deuxième tour de l'élection présidentielle, lourde du danger de l'extrême droite", souligne son directeur, Karfa Diallo. Mémoires et Partages propose ainsi de réfléchir sur "les héritages musicaux en lien avec l'histoire de l'esclavage", en marquant le centenaire du débarquement des soldats américains, et donc du jazz, à Bordeaux lors de la Première Guerre mondiale.

Karfa Diallo, président de Mémoires et partages, devant le fort du Ha
Karfa Diallo, président de Mémoires et partages, devant le fort du Ha ©CB

 

L'arrivée du jazz à Bordeaux

En 1917, près de 100.000 soldats d'outre-Atlantique débarquent au Port de la Lune à Bordeaux pour rejoindre le front. Avec eux, près de 20.000 soldats noirs, les fameux "labour bataillons" ("les bataillons de travail") venus construire l'extension du port de Bordeaux, importent alors la culture du jazz en Aquitaine. C'est ainsi que "l'un des tout premiers concerts de jazz identifiés" se déroule à Bordeaux, selon l'historien Pascal Blanchard.
 

Jazz en créolité

Le 12 mai, Mémoires et Partages propose, en souvenir de ces musiciens afro-américains qui ont enflammé la ville, un "Dîner de la Liberté" accompagné d'un concert intitulé "Jazz en Créolité" et animé par l'une des figures du jazz français, le musicien et compositeur Bernard Lubat.
 
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