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Esclavage en Libye : des élus des Outre-mer s'indignent, silence au niveau national

Après la diffusion des images d'un marché aux esclave en Libye et les manifestations qui se sont déroulées samedi notamment à Paris et en Guadeloupe, les élus ultramarins clament leur indignation. Au niveau national c'est le silence. En Afrique, les réactions sont nombreuses. Synthèse.

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  • La1ere.fr
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Il y avait très peu d'élus, samedi à Paris, lors de la manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes devant l'ambassade de Libye en France. Seul le député de Guyane, Gabriel Serville a signalé sa présence en diffusant une photo et un communiqué dans lequel il explique notamment :

Je constate le silence savamment  entretenu des grandes puissances de ce monde qui font mine de se soucier   de la douleur des "sans rien", des "sans dents", des "sans lendemain", des " sans voix", des "sans patrie" des "sans solution" des " san-anyen". Et le dégoût m'envahit. Il me prend à la gorge. 

- Gabriel Serville, député de Guyane

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Réactions via les réseaux sociaux

Depuis la mobilisation de samedi, les élus des Outre-mer font part de leur indignation via les réseaux sociaux. C'est le cas du député LREM de Guadeloupe Olivier Serva.



Le député LREM de Guyane, Lénaïck Adam, a lui aussi fait part de sa colère, via un message Twitter, expliquant notamment : "Moi, descendant d’esclave, je condamne fermement ces actes devant lesquels nous ne pouvons rester indifférents."
 


Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes se sont étonnés du silence de Christiane Taubira, l'ancienne ministre de la Justice, à l'origine de la reconnaissance par la France de la reconnaissance du crime contre l'humanité que fut l'esclavage. Dimanche à la mi-journée, elle a finalement publié un message sur Twitter, expliquant que "La lutte doit être implacable".
 


Le sénateur de Guyane Georges Patient appelle, lui, les médias nationaux à "briser ce silence pesant". 


Et au niveau national ?

Il est à noter que, si quelques élus ultramarins réagissent, du coté des politiques hexagonaux, il y a extrêmement peu de réactions au lendemain de la manifestation qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes devant l'ambassade de Libye en France. Ainsi, ni l'Elysée ni le ministère de l'Europe et des Affaires Étrangères n'ont publiquement commenté cette affaire.

Réactions internationales

Le vice-premier ministre du gouvernement libyen d'union nationale (GNA) a annoncé ce dimanche l'ouverture d'une enquête sur des cas d'esclavage près de la capitale libyenne. Ahmed Metig a exprimé "son mécontentement" dans un communiqué diffusé dimanche sur Facebook. Il affirme qu'il chargera "une commission d'enquêter sur ces rapports de presse afin d'appréhender et soumettre les responsables à la justice".

De son coté, Le président nigérien Mahamad Issoufou, qui s'était "indigné" jeudi de la vente aux enchères de migrants-esclaves en Libye, a demandé à ce que le sujet soit mis à l'ordre du jour du sommet Union Africaine - Union-Européenne des 29 et 30 novembre à Abidjan.

Le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Guinéen Alpha Condé, et le gouvernement sénégalais se sont eux "indignés".  Le président Alpha Condé "exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d'un autre âge", selon un communiqué de la présidence guinéenne. L'Union africaine "invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées" et "à revoir les conditions de détention des migrants", poursuit le texte. "Ces pratiques modernes d'esclavage doivent cesser et l'Union africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète", promet la présidence de l'UA.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a vivement dénoncé mardi la détérioration des conditions de détention des migrants en Libye, jugeant "inhumaine" la coopération de l'Union européenne avec ce pays. "La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye", a-t-il dit, en estimant que "la souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l'humanité".

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