Euro 2020 de handball- Allison Pineau : « Il faut continuer dans cette voie »

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HAND EURO 2020
©FFHB S PILLAUD

La Guadeloupéenne, absente de l’Euro suite à une blessure au nez en ligue des champions, nous donne sa vision du jeu de l’équipe de France. Elle parle de la relève sans oublier de critiquer l’organisation qui impose aux bleues de jouer deux matchs en deux jours.  
 

Outre-mer la 1ère : Allison comment juges-tu l’évolution de l’équipe de France après le premier tour de cet Euro ?
Allison Pineau :
On est au beau fixe et on ne va pas s’en cacher. C’est très solide défensivement avec les gardiennes brillantes, offensivement c’est propre, on propose des choses dans l’alternance, il y a les rotations avec le banc qui amènent des solutions différentes. Et puis on a Orlane (Kanor) qui est au top. 

Je pense qu’il faut continuer dans cette direction il n’y a pas de raison que ce soit l’effet inverse, on est en deuxième semaine et il faut continuer à carburer. On sait très bien que plus on avance dans une compétition, plus il y a de la fatigue, de l’exigence, il faut être encore plus concentrées et plus investies, il ne faut pas s’endormir sur nos lauriers. Surtout qu’on va jouer deux matchs en vingt-quatre heures.  

Outre-mer la 1ère : Cet arrangement du calendrier au détriment des bleues qu’en penses-tu ?
Allison Pineau :
C’est vraiment une mauvaise surprise, surtout qu’après il y a trois jours de pause, c’est vraiment à rien n’y comprendre. On part avec quatre points et on est désavantagées alors que c’est censé être l’inverse, c’est pénible, on ne peut pas y faire grand-chose. Alors c’est vrai que si elles gagnent les deux matchs, elles sont qualifiées. Mais ce n’est pas parce qu’on peut être qualifiées dès vendredi que c’est bien. Il faut toujours préserver la santé des joueuses, jouer de cette manière c’est les exposer. C’aurait été censé de jouer sur le même programme que les Danoises et les Norvégiennes. Un jour on joue, un jour on se repose, c’est le minimum pour les corps, moi je pense surtout à la santé de mes coéquipières.
 

Les filles ne sont pas des machines et les corps ont besoin de se reposer, jouer la Russie après l’Espagne ce n’est pas simple

Allison Pineau


Outre-mer la 1ère : Justement Que peux-tu nous dire sur les deux prochaines adversaires des bleues, l’Espagne et la Russie ?
Allison Pineau :
Les Espagnoles sont amoindries, je les trouve moins flamboyantes et fringantes que l’année dernière, en plus elles ont Alex Barbosa qui est blessée. Les France/Espagne sont toujours des matchs compliqués mais je nous vois au-dessus dans ce qu’on propose. Il n’y a pas de raison qu’on ne gagne pas ce match. Ce sera serré et ça va se jouer sur notre défense qui fera la différence, ça nous permettra de récupérer de ballons faciles qu’on pourra mettre sur des montées de balles rapides. Offensivement on est armés pour les mettre en difficulté.
 

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La défense russe Kseniia Makeeva et Olga Gorshennina prend la Suédoise Linn Blohm dans l étau ©HENNING BAGGER / RITZAU SCANPIX / AFP


Contre la Russie ça va être un match comme contre  le Danemark, elles ont quatre points comme. Elles vont jouer leur place en demi-finale, je ne les vois pas perdre contre le Monténégro ce soir. Ça va être un gros match. Les Russes sont « chiantes » à jouer, elles ont du gabarit, elles sont denses, ont de l’audace et sont talentueuses. On les a beaucoup rencontrées on se connait très bien. Elles auront en plus une revanche à prendre sur nous par rapport à 2018  (ndlr : la France bat la Russie en finale de l’Euro 24/21 à Paris) même si Anna Viakhireva, leur meilleure joueuse, ne sera pas là. Ca va être le match de la première place du groupe.

Outre-mer la 1ère : Individuellement comment vois-tu le rôle de Béatrice Edwige, pas en pleine lumière, mais qui est une vraie patronne de la défense ?
Allison Pineau :
Elle est à la commande, elle fait ce qu’elle aime faire, elle guide tout le monde étant donné qu’en plus elle a différentes charnières défensives autour d’elle. Ce ne sont pas nécessairement les mêmes joueuses qui défendent à cote d’elle, donc Béa est égale à elle-même. Elle fait un travail de l’ombre mais elle sait faire, elle a l’expérience des compétitions et est vraiment en place.
 

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Béatrice Edwige la Guyanaise rempart de la défense ©HENNING BAGGER / RITZAU SCANPIX / AFP

 

 

 

Béatrice mène très bien sa partition, elle est une vraie guide en défense, du coup ça permet à l’équipe d’avoir une vraie stabilité défensive

Allison Pineau


Outre-mer la 1ère : Un mot sur les deux jeunes guadeloupéennes Méline Nocandy et Océane Sercien Ugolin qui jouent un peu moins, est ce logique ?
Allison Pineau :
Méline n’a pas joué énormément mais c’est aussi la résultante de l’excellente forme de Grâce Zaadi, la meneuse de l’équipe. Méline est une gamine qui nous apporte énormément quand elle rentre, car elle a cette folie positive dans son jeu dont on a besoin. Elle n’a pas pu l’exprimer énormément mais il y a encore pas mal de matchs pour qu’elle puisse le faire. Et si Grâce est un peu moins bien, Méline sera là et on pourra compter sur elle.

Océane est stable sans faire des trucs super « whaou ». Elle est rentrée en tant que titulaire, elle est bonne en défense, solide et fait son bout de chemin pour mettre ses qualités au service du collectif. Elle a encore besoin d’un petit peu de temps pour se relâcher mais je la trouve bien. Défensivement elle apporte de la solidité c’est important.
 

Méline et Océane sont encore jeunes, elles n’ont pas un vécu important avec le groupe, ce sont des diamants qu’il faut polir.

Allison Pineau

 

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Allison Pineau et Méline Nocandy ©FFHB S PILLAUD


Outre-mer la 1ère : Comment vis-tu cet Euro derrière ton poste de télévisions ? La blessure évolue mieux ?
Allison Pineau :
Pas simple d’être supportrice mais je m’y suis fait, même si c’est la première fois. La Marseillaise sans moi ça fait bizarre, mais je m’y suis habituée. Je ne rate aucun des matchs, c’est important de suivre leur parcours, c’est plaisant. J’ai individuellement au téléphone celles avec qui j’ai des repères ou des affinités, des jeunes comme des anciennes, donc on se parle beaucoup.
Ca me démange un peu de ne pas être là-bas. C’est sûr que si elles vont en demi-finale, les rejoindre est quelque chose que j’affectionnerais mais je ne suis pas sûre que dans ce contexte actuel ce soit une bonne idée.

Quant à ma blessure, tout va très bien : le nez, il n’y pas grand-chose à faire. Il faut juste attendre que ça se reconsolide, mais l’évolution de ma blessure est bonne. Et puis j’ai repris un peu d’entrainement avec des petites séances depuis la semaine dernière. Je suis en France pour me ressourcer un peu, ça fait du bien.