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[Fact-checking] Les annonces dans le domaine social d'Annick Girardin à La Réunion sont-elles nouvelles ?

Lors du premier jour de son déplacement à La Réunion, la ministre des Outre-mer a fait une série d'annonces dans le domaine social et pour lutter contre la pauvreté. Sont-elles nouvelles ou s'agit-il de mesures déjà annoncées précédemment ? La1ere.fr fait le point.

© Richard BOUHET / AFP
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  • Camila Giudice/Marie Boscher/David Ponchelet
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Au soir de sa première journée à La Réunion, en pleine crise sociale, la ministre des Outre-mer a détaillé une série de mesures pour lutter contre la pauvreté et répondre à l'urgence sociale. Regardez son intervention à la préfecture de Saint-Denis :

Mais ces mesures sont-elles nouvelles et spécifiques à La Réunion, ou bien s'agit-il de mesures déjà annoncées précédemment ? Vérification.

 

Nouvelles places en crèche

La CAF va s'engager à créer à La Réunion 1.500 nouvelles places de crèche dans les territoires fragiles et à l'intérieur de l'île.

NOUVEAUTE - Cette mesure n'avait jusqu'à aujourd'hui pas été annoncée. 


Nouveaux centres sociaux

Nous allons créer 15 nouveaux centres sociaux de proximité dans l'ensemble du territoire réunionnais qui comprendront des possibilités de garde comme de crèche

ANNONCE EN PARTIE - En 2017, il existait 6 centres sociaux à La Réunion dont 3 sur des quartiers prioritaires (QP), selon une étude réalisée par le Senacs. Dans son plan pauvreté présenté en septembre 2018, Emmanuel Macron annonçait la création de 300 nouveaux centres sociaux dans les territoires prioritaires. Il existe 49 QP à La Réunion, qui sont donc potentiellement concernés par l’implantation de ces centres. Annick Girardin précise ici une mesure déjà annoncée par le Président.

Ces centres, financés à 49% par les communes ont pour mission de lutter contre l’isolement et de soutenir les jeunes et les parents, avec des missions d’accueil et d’accompagnement. Ils peuvent donc proposer des systèmes de garde comme les crèches annoncées par la ministre des Outre-mer. Mais ces projets sont plutôt développés grâce à des associations et à une forte participation des habitants : en moyenne, 27 bénévoles travaillent dans chaque centre de La Réunion. Le centre social de la Rivière des Pluies a par exemple développé un système de micro-crèche, en partenariat avec les parents. Il revient donc directement aux centres de mettre en place des systèmes de garde d’enfants ou non, selon les budgets, la volonté des bénéficiaires et les moyens mis en place par les communes.
 


Points conseil-budget

Nous allons créer cinq points conseil-budget pour accompagner les familles dans la gestion de leur budget les informer sur leurs droits et faciliter les démarches


DEJA ANNONCE - Les points conseils-budget, ou PCB, ont été créé dans le cadre du plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale en 2013 par le gouvernement Valls II. Entre 2013 et 2015, des PCB ont été lancés dans 4 régions pilotes : Île-de-France, Grand-Est , Occitanie et Hauts-de-France. En septembre 2018, Emmanuel Macron annonce dans son plan pauvreté le déploiement de 400 points supplémentaires sur « l’ensemble du territoire », outre-mer compris. L’annonce de la création de cinq PCB à La Réunion est donc une précision du plan présenté par le président pour 2019.


Lait maternisé moins cher

Pour l'accès à l'alimentation à bas prix, nous allons déployer un programme pour permettre la baisse du prix des produits alimentaires pour les tout-petits, comme le lait maternisé

 ? Difficile de dire s'il s'agit d'une réelle nouveauté, dans la mesure ou cette annonce manque de précision concernant le programme qui sera déployé. Ce qui est certain, c'est que certains types de produits alimentaires pour jeunes enfants figurent déjà dans le "Bouclier qualité-prix" 2018 à La Réunion (lien vers la liste des produits en cliquant ici)
 


Petit-déjeuners dans les écoles

Dans les écoles, dés 2019, il y aura des petit-déjeuners offerts là où les enfants viennent malheureusement le ventre vide aujourd'hui


DEJA ANNONCE. Cette mesure figurait dans le "plan pauvreté" annoncé par Emmanuel Macron en septembre 2018. Le chef de l'État souhaite que des petits-déjeuners gratuits soient distribués dans les établissements classés en zone REP+, situés dans les villes ou les quartiers défavorisés.
 


Formation obligatoire jusqu'à 18 ans

La Réunion compte 63.000 jeunes ni en étude, ni en emploi ni en formation. Nous allons multiplier les offres d'accompagnement avec une obligation de formation qui va contraindre les acteurs publics à proposer une offre de formation à tous les jeunes de moins de 18 ans. Avec des moyens supplémentaires pour les missions locales. 


DEJA ANNONCE : Dans le plan pauvreté présenté par Emmanuel Macron le 13 septembre 2018, figurait cette nouvelle obligation de se former jusqu'à l'âge de 18 ans. Comme l'explique le journal Le Monde, cette mesure entrera en vigueur "à la rentrée 2020". La ministre des Outre-mer n'a pas communiqué de chiffrage précis concernant les moyens supplémentaires qui seront octroyés aux missions locales dans le cadre de cette obligation de formation.


Ecole de la deuxième chance

Création d'une nouvelle école de la deuxième chance dans le nord de l'île


NOUVEAU :  à ce jour, quatre écoles de la deuxième chance existent déjà à La Réunion, il y en a 124 au niveau national.  Ce dispositif créé il y a plus de dix ans permet d'accompagner davantage de jeunes vers la vie active. En visite à La Réunion la semaine dernière, la ministre du travail Muriel Pénicaud avait évoqué "le développement des écoles de la deuxième chance".
 


Plan d'investissement dans les compétences

Le plan d'investissement dans les compétences sera doté de 253 millions d'euros pour développer l'offre de formation avec la Région. Au total cela porte à 350 millions l'engagement supplémentaire de l'Etat.

DEJA ANNONCE. Lors de son déplacement à La réunion du 16 au 18 novembre, la ministre du Travail Muriel Penicaud avait annoncé cette somme de 253 millions d'euros dédié au PACTE Régional d’Investissement dans les Compétences. Un communiqué du conseil régional de La Réunion le précise (lien par ici)
 


Retour à l'emploi des allocataires du RSA

Pour les allocataires du RSA, nous voulons sortir des parcours cloisonnés. Nous allons déployer un accompagnement global entre Pôle emploi et le département dés 2019. Nous allons renforcer le contrôle des engagements réciproques. 1500 personnes de plus seront accompagnées chaque année.

? Lors de la présentation du "plan pauvreté" en septembre, Emmanuel Macron avait  déjà évoqué cet accompagnement global entre l'Etat et les départements, et annoncé la création en 2020 d'un "Revenu Universel d'Activité"


Aide aux associations

Nous allons accompagner davantage les associations qui accompagnent les Réunionnais les plus fragiles dans le domaine de la santé et du chômage de longue durée

TROP IMPRECIS POUR ETRE VERIFIE - Si la déclaration de la ministre ne précise pas le type d’accompagnement annoncé, on peut présumer qu’il s’agit d’un accompagnement financier. Les associations peuvent bénéficier de subventions de l’Etat, des collectivités territoriales et d’établissements publics. En 2013, selon l’Insee, elles étaient d’un peu plus de 18,5 millions d'euros, dont 1,1 million d'euros pour les associations de santé.

Or, il y a un an, dans le plan de développement pour la vie associative présenté par le Premier ministre Edouard Philippe ont été rappelées des mesures déjà prises pour l’accompagnement des associations : l’augmentation de 10% des crédits en faveur des associations et de 16% pour les services civiques.

Côté emploi, l’un des points d’accroche sur la question de l’emploi est celui du chômage des jeunes à La Réunion qui monte à 39% contre 20,7% à l’échelle nationale. Dans le plan pauvreté de septembre 2018, le gouvernement propose de consacrer « plus de 100 millions d’euros » à des solutions d’accompagnement vers l’emploi, sans précision sur les structures concernées. Au niveau de la santé, pas d’annonce en particulier pour les associations dans le plan.

La déclaration d’Annick Girardin ne permet donc pas d’estimer si elle fait référence à ces annonces ou non ni à quel niveau elles concerneraient La Réunion.
 
 

Aide aux collectivités

Nous allons proposer des moyens supplémentaires aux collectivités, en premier lieu au département, assorti d'exigences de suivi et de résultat pour favoriser l'accès au Droit, le soutien aux jeunes issus de la protection de l'enfance mais aussi les politiques d'insertion. Les moyens seront plus que doublés en 2019. Au total ce sont plus de 30 millions d'euros qui seront investis au coté des collectivités. 

IMPRECIS. La ministre n'a pas précisé le montant supplémentaire qui sera alloué aux collectivités. 
 


L’augmentation de la prime d’activité de 360 euros par an pour 60 000 Réunionnais 

DEJA ANNONCEE. Cette augmentation était une promesse d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle en 2017 : "Nous ferons en sorte que toute reprise d’emploi se traduise par un supplément de revenu conséquent, en augmentant la prime d’activité." La revalorisation de la prime d’activité a depuis été inscrite dans la loi de finances 2018, à l’article 63.


La baisse de la taxe d’habitation pour 80% des foyers 

DEJA ANNONCEE. L’exonération de la taxe d’habitation pour 80% des foyers était elle aussi annoncée dans le programme d’Emmanuel Macron en 2017 : "80% de celles et ceux qui payent la taxe d'habitation en seront exonérés."
Cette exonération doit se faire en plusieurs étapes. La première a eu lieu en 2018, la deuxième est prévue dans le projet de loi de finances pour 2019.


La revalorisation du minimum vieillesse à 900 euros par mois 

DEJA ANNONCEE. Là encore, il s’agit d’une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : "Nous réduirons la pauvreté des personnes âgées. Le minimum vieillesse, pour une personne seule, est aujourd'hui d'environ 800 euros : nous le porterons au-delà de 900 euros." Une première augmentation du minimum vieillesse a eu lieu en avril.


Pas de hausse de la CSG pour les retraités les plus fragiles 

DEJA ANNONCE. Quand en 2017 Emmanuel Macron – alors candidat à l’élection présidentielle – annonçait dans son programme une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG), il précisait déjà qu’elle ne toucherait pas les retraités les plus modestes : "[…] ne touchera pas les retraités modestes (ceux exonérés de CSG ou soumis à la CSG à taux réduit, c’est-à-dire 40% environ des retraités)."


La revalorisation de l’allocation adulte handicapé à 900 euros par mois 

DEJA ANNONCEE. La revalorisation de l’allocation adulte handicapé est également une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : "L'allocation aux adultes handicapés (AAH), pour une personne seule, est aujourd'hui d'environ 800€ par mois : nous la porterons au-delà de 900 par mois."
Elle a été revalorisée à 860 euros par mois en novembre.


L’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires 

DEJA ANNONCEE. L’exonération des cotisations sociales sur les heures supplémentaires figurait aussi dans le programme d’Emmanuel Macron : "Nous rétablirons les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires." La mesure est prévue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, à l’article 7.


La prise en charge à 100% par la sécurité sociale des frais pour les lunettes, les soins dentaires et les prothèses auditives

DEJA ANNONCEE. Cette prise en charge à 100% était aussi une promesse de campagne d’Emmanuel Macron : "S’agissant des lunettes, des prothèses dentaires et de l’audition, nous fixons l’objectif de 100% de prise en charge pour 2022." Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé, a depuis annoncé en juin le plan "100% santé" qui détaille la mise en place de la réforme.  Au programme : une augmentation des remboursements à partir de 2019, jusqu’à atteindre le remboursement total en 2022.


La couverture santé complémentaire à 30 euros par mois pour les plus fragiles 

DEJA ANNONCEE. La plan pauvreté, présenté à la rentrée 2018  annonce la fusion de l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) avec la couverture maladie universelle (CMU). Cette fusion devrait permettre aux bénéficiaires de ces deux aides d’accéder à une couverture-maladie complémentaire moyennant moins de 30 euros par mois.
 

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