Procès des attentats de Paris : "j'ai de la haine sur le cœur", confie la maman de Clarissa Jean-Philippe

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Marie-Louisa, maman de Clarissa Jean-Philippe et Charles Nicolas, son avocat.
Marie-Louisa, maman de Clarissa Jean-Philippe et Charles Nicolas, son avocat. ©Tessa Grauman
Le procès des attentats de janvier 2015 examine ce jeudi à Paris la journée du 8 janvier 2015 où la policière municipale Clarissa Jean-Philippe a été tuée. A la veille de ce rendez-vous avec cette vérité qu'ils espèrent, Marie-Louisia, sa maman, et son avocat nous livrent leur sentiment.  
 

Marie-Louisa est arrivée à Paris accompagnée de maître Charles Nicolas, son avocat. Demain, jeudi 17 septembre, ils se rendront devant la cours d'assises spéciale de Paris pour défendre la mémoire de Clarissa Jean-Philippe, assassiné le 8 janvier 2015 à Montrouge par Amedy Coulibaly. La maman de Clarissa témoignera vendredi. 

Cinq ans après la mort de sa fille, le sourire est de circonstance pour la photo, mais la blessure est toujours aussi profonde.
 

Je ne peux pas donner à la justice ce que j'ai sur le coeur parce que j'ai de la haine sur le coeur, ça ne peut pas être donné à quelqu'un. 

Marie-Louisia


Marie-Louisia espère néanmoins que ce procès apportera quelques réponses qui lui permettront d'atténuer un peu sa douleur. "Je veux savoir la vérité, même s'ils ne donnent pas beaucoup, j'espère un petit peu quand même". 

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Marie-Louisia aura demain un petit espace dans ce procès pour montrer que sa fille était quelqu'un qui aimait, la vie et qui allait de l'avant [...] Ce qui est dramatique pour les victimes c'est qu'on le reste, le procés s'arrête, mais on reste victime toute sa vie", confie son avocat qui tentera d'obtenir des réponses sur ce qui a conduit à la mort de la jeune policière de 26 ans. 
 

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Un deuil sans fin

Depuis ce drame, Marie-Louisia ne dort plus et elle est malade, au point qu'"il a été très difficile de la faire venir à Paris pour témoigner dans ce procès", indique son avocat. Chez elle, en Martinique, tout vient rappeler le souvenir de sa fille : des photos, des vêtements, des objets personnels et même son képi qu'elle portait lorsqu'elle a été assassiné.

Avant son départ pour Paris, Kelly Babo et Marc Balssa ont rencontré Marie-Louisia, chez elle, en Martinique : 

Sur la route d'Amedy Coulibaly

Il est aux alentours de 8 heures ce jeudi 8 janvier 2015. Ce jour-là, Clarissa Jean-Phillippe, policière municipale, et son collègue sont appelés pour intervenir sur un banal accident de la route à Montrouge dans les Hauts-de-Seine. C’est alors que surgit un homme lourdement armé, à bord d’une Clio blanche. Il sort de son véhicule et ouvre le feu avec une Kalachnikov.

La jeune policière de 26 ans est atteinte par une balle, dans le dos, s’effondre et succombe à ses blessures. La jeune stagiaire devait être titularisée dans les jours suivants. 

Un homme est rapidement interpellé. Il s’agirait d’un complice. L’auteur des coups de feu, lui, est toujours en fuite. Le quartier est bouclé et Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur à l'époque, se rend sur place. 

La Clio sera finalement retrouvée à Arcueil dans le Val-de-Marne, mais ce n’est que le lendemain, lors de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris, que les enquêteurs font le lien avec Amedy Coulibaly.

Retour sur ce drame avec le récit de Marie Radovic, Outre-mer la1ère : 

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Au total huit avocats se relaient devant la cours d'assises spéciale de Paris pour épauler la famille de Clarissa Jean-Philippe.

Dans ce procés hors normes, quatorze personnes, soupconnées d'avoir participé à la préparation des attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'hypermarché Cacher de la Porte de Vincennes les 7, 8 et 9 Janvier 2015, sont jugées depuis le 2 septembre.

Il s’agit du premier procès organisé pour un attentat djihadiste commis en France depuis celui qui s’était tenu en 2017 pour les tueries perpétrées par Mohamed Merah cinq années plus tôt.



 
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