Gérard Cotellon, un Guadeloupéen à la tête des ressources humaines des Hôpitaux publics de Paris [Portraits 1/5]

Gérard Cotellon, directeur des ressources humaines de l'AP-HP
Depuis trois ans, le Guadeloupéen Gérard Cotellon est à la tête des ressources humaines de l'AP-HP, Assistance publique - Hôpitaux de Paris. Chaque jour, ce travailleur infatigable porte "un regard attentif" sur plus de 90 000 agents hospitaliers et médecins. 
Gérard Cotellon est un travailleur insatiable. "J'arrive au bureau entre 7H30 et 8H et je ne pars jamais avant 21H30", affirme-t-il avec le sourire. Chaque jour, au siège de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, ce Guadeloupéen organise le travail et l'avenir de plus de 72.000 agents hospitaliers et 20.000 médecins. "Ca peut donner le vertige", indique t-il, tout en précisant, "heureusement, j'ai des collègues sur lesquels je peux m'appuyer dans chacun des hôpitaux." 

Le temps de travail comme baptême du feu 

Nommé en février 2015 par Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, son premier dossier est explosif : l'organisation du temps de travail. Gérard Cotellon doit négocier, dès le mois de mars, son application avec des syndicats vent-debout et des milliers d'agents hospitaliers dans la rue. 

Cette réforme s'est faite dans un conflit social majeur, tel que l'AP-HP n'en avait jamais connu, pour autant, j'avais un objectif, ne jamais être à l'origine de la rupture du dialogue avec les partenaires sociaux.  


Après plusieurs semaines de grèves et de manifestations, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris, signe avec la CFDT un accord sur l’organisation et le temps de travail, qui sera progressivement mis en place à partir du 1er janvier 2016.

Gérard Cotellon réussit son baptême du feu, mais d'autres dossiers tout aussi sensibles requièrent aujourd'hui sa plus profonde attention. "C’est vrai que l’hôpital est en train de changer, il nous faut accompagner ces changements. Le mode de tarification de financement, la fameuse T2A, a certes contribué a augmenter la productivité, mais elle a aussi intensifié le travail. Il nous faut mettre en place une organisation ou les collaborateurs s'appuient sur un management de proximité attentif aux difficultés que font remonter le personne."  
©la1ere


"Je n'ai jamais vraiment postulé à des postes"   

Gérard Cotellon a exercé tous les métiers de l'hôpital. Il débute comme infirmier en 1984, au Raincy-Monfermeil. Très vite, ses supérieurs repèrent en lui des capacités d'encadrement. Il est nommé cadre infirmier puis directeur des soins à l'hôpital de Versailles. 

A la fin des années 1990, Gérard Cotellon rentre en Guadeloupe où il travaille à l’hôpital psychiatrique de Montéran à Saint-Claude. En 2002, retour à Paris. Durant quatre ans, Gérard Cotellon intègre l’hôpital européen Georges-Pompidou et dirige ensuite les affaires médicales de l’hôpital de Gonesse. Plus tard, il devient délégué de la Fédération hospitalière de l’Île-de-France. La suite s'écrit au siège de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris où il est nommé directeur de cabinet adjoint, puis directeur des ressources humaines en 2015. 

Le vélo et la musique pour évacuer le stress 

Cette vie professionnelle intense permet tout de même à ce père de trois enfants de trouver un peu de temps pour enfourcher son vélo le week-end et se changer les idées.

C'est absolument nécessaire pour évacuer le stress, la charge émotionnelle que l'on accumule durant la semaine. Quand on a le sort professionnel de milliers de personnes entre vos mains, vous prenez conscience de tout ça et oui ça donne du stress.


Quant à la musique, elle est sans doute son plus grand regret. Lui qui se rêvait musicien de jazz est aujourd'hui le chef d'orchestre d'une armée de blouses blanches sous pression et inquiète pour son avenir. Le directeur général Martin Hirsch a annoncé lors d'une réunion interne que le déficit pour 2017 était de l'ordre de 200 millions d'euros pour le budget principal de l'AP-HP.