Gregory Baugé : la formidable carrière et les projets du "tigre" guadeloupéen

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Baugé
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Il est le plus titré des pistards français. Gregory Baugé a annoncé dimanche mettre un terme à son impressionnante carrière cycliste, jallonnée de neuf titres mondiaux. Il ne lui manque que l'or olympique, son seul regret. Désormais, le Guadeloupéen pense à l'avenir, à commencer par la jeunesse.

Grégory Baugé, neuf fois champion du monde sur piste, a annoncé dimanche renoncer aux Jeux Olympiques de Tokyo et mettre fin à sa carrière sportive. A presque 36 ans, il s'apprête à entamer un nouveau chapître de son incroyable parcours.

Baugé champion du monde
©LOIC VENANCE / AFP

 

Très chère Guadeloupe

Depuis qu'il a pris la décision de prendre sa retraite sportive, les souvenirs refont surface. Parmi les plus précieux - et s'il ne fallait en garder qu'un - le champion retient les championnats de France qui se sont déroulés en Guadeloupe en 2009. "C’était quelque chose de fort émotionnellement, se rappelle le champion. Quasiment toute la Guadeloupe était là." Alors champion du monde en titre, Baugé se rappelle avoir bien plus vibré pour ce titre national décroché à Baie-Mahault.

"Courir devant le peuple guadeloupéen, à la maison, c’était quelque chose d’énorme. J’ai fait des championnats du monde en France, il n’y a pas d’égal avec ce championnat de France. Rendre fière ma famille du côté de la Guadeloupe, ma grand-mère, ma belle-famille, mes amis aussi, c’est inimaginable." "J’ai été champion d’Europe en Guadeloupe en 2014. C’est des souvenirs qui restent vraiment gravés. C’est très très beau." 

L'amertume olympique

Dès le départ, les objectifs du Guadeloupéen - qui intègre l'Insep à 17 ans - sont clairs : devenir champion du monde et champion olympique. Après neuf titres mondiaux, il se concentrait donc désormais sur un sacre olympique. "Un échec en 2008, un échec en 2012, échec en 2016. Et j’y croyais fortement (…) Je pensais vraiment que ça pouvait le faire, mais voilà!", confie-t-il avec une pointe d'amertume.

Médaillé d'argent à Londres, Gregory Baugé n'a jamais goûté au titre olympique. Son seul "regret", dit-il. Car le titre olympique lui échappe à nouveau, quatre ans plus tard, à Rio où il ne décroche que le bronze. "L'or olympique, c'est ce qui m'a toujours animé!"

Grégory Baugé aux JO de Rio
Grégory Baugé aux JO de Rio ©ERIC FEFERBERG / AFP

 

Le cyclisme sur piste, cet inconnu

Malgré une carrière exceptionnelle, la reconnaissance n'a pas toujours été là. "Il y a quelques années encore, ce n’était pas évident. La reconnaissance, on l’avait au lendemain des Jeux Olympiques, se rappelle Gregory Baugé. Mais le cyclisme sur piste ne se résume pas qu'aux Jeux Olympiques."

"On voit que les réseaux sociaux, ça aide pas mal de disciplines qui sont moins médiatiques. Mais ma philosophie, ça a toujours été de travailler. Derrière, si on parle de moi ou du cyclisme sur piste français, tant mieux mais je ne me suis jamais arrêté à ça." Ce sont aussi ses résultats et ceux d’autres champions français qui ont fait connaître la discipline. "J’espère qu’avec Paris 2024, on parlera plus du cyclisme français!"

Baugé
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Et maintenant? 

A presque 36 ans, le Guadeloupéen a un réseau bien fourni. La Caraïbe lui fait les yeux doux, mais il souhaite par dessus tout rendre un peu de ce que son sport lui a donné. Une chose est sûre, il veut "être aux côtés des jeunes coureurs pour retransmettre tout ce que j'ai pu apprendre durant ma carrière." "Echanger avec eux, essayer de prendre de bonnes décisions... Demain, j'ai envie d'oeuvrer pour le sport tout simplement."

"Montrer la voie aux jeunes", voilà le nouveau mot d'ordre du tigre guadeloupéen. "Je suis conscient que c’est aussi à nous, les athlètes, de redonner (...) Et je pense qu’on est des figures pour des millions de jeunes, il faut les aider tout simplement."

Après l'annonce de sa retraite, Gregory Baugé s'est confié à Francis Gibrien et devant la caméra de Nordine Bensmail :