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Que de remous a-t-il provoqué, alors qu’il traversait l’Atlantique, en direction de l’arc des petites Antilles !
Mais, fort heureusement, le phénomène capricieux ISAAC s’est « dégonflé » et a relativement épargné la Guadeloupe.
Sur place, comme de rigueur quand il y a menace, la population s’est préparée, puis protégée.
Aujourd’hui, la vie reprend son cours normal, sans qu’il n’y ait à déplorer ni victime, ni dégâts.
 

1- Les prévisions

Faut-il le rappeler ? Les prévisions météo ne sont pas le fruit d’une science exacte.
Isaac étant un phénomène d’une envergure plutôt réduite et nos îles, synonymes de points entre Océan Atlantique et mer des Caraïbes, l’incertitude s’en est trouvée augmentée.
De surcroît, Isaac a aussi joué au yoyo, quant aux fluctuations de sa puissance, tantôt ouragan, tantôt tempête, jusqu’à s’étioler et perdre de sa mesure.

Image satellite de la tempête tropicale Isaac (11/09/2018) © SATELLITE GOES 16 - RAMMB/

Quoiqu’il en soit, les Guadeloupéens savent d’expérience que les phénomènes réservent toujours des surprises, dans un sens, comme dans l’autre.
Les plus menaçants peuvent se révéler inoffensifs, tandis que de simples dépressions peuvent nous submerger et provoquer de lourds dégâts, en générant par exemple des inondations ou des mouvements de terrain.

 

2- La gestion de crise

Le match a commencé, entre les « jamais contents » et les ceux qui prônent la prudence.
La préfecture en a-t-elle trop fait ? Il vaut mieux prévenir que guérir ?
Ces commentaires font partie de l’exercice, récurrent en pareilles circonstances.
Que la menace se traduise en catastrophe, ou qu’elle ne soit pas suivie de risque avéré, il faut bien désigner un coupable !

Le Centre opérationnel départemental (COD) a joué la carte de la sécurité, en déclenchant les alertes cycloniques et les vigilances météo, en fonctions des données régulièrement actualisées par les services de Météo France.
Des mesures préventives, prises suffisamment tôt, pour que chacun ait le temps de prendre les dispositions nécessaires.

Et, par chance, tout cela n’aura servi qu’à permettre à chacun d’améliorer ses process – au sein de son entreprise ou de son foyer – et, éventuellement, d’identifier ses lacunes, pour la prochaine fois.
 

SOUVENONS-NOUS DE MARILYN…

Les habitants des Iles du Sud, du Sud Basse-Terre et de la Côte-sous-le-Vent n’ont pas oublié le passage de Marylin, en 1995.
Alors qu’ils déblayaient les débris, suite aux passages de la tempête tropicale IRIS(18 jours avant) et de l’ouragan LUIS (10 jours avant), elle a surpris tout le monde, à commencer par le NHC (National Hurricane Center) et.les autorités de l’époque.
Marylin, née dans la nuit du 11 au 12 septembre 1995, a atteint le stade d’ouragan en l’espace de 24h00, aux portes des Petites Antilles.
Tout l’arc sera impacté, car la Dame n’en a fait qu’à sa tête en longeant le chapelet d’îles, au lieu de suivre la trajectoire Ouest prévue.
C’est le 14 septembre, qu’elle a touché les Saintes et la Basse-Terre, avec des vents jusqu’à 130 km/h en rafales et, surtout, des pluies diluviennes. Ce sont ces précipitations, pendant plus de 12 heures, qui ont provoqué le plus de dégâts ; les courts d’eau ont débordé et tout emporté sur leurs passage.
 

Bémol sur fonds de vigilance ROUGE

Couac, tout de même, quant au double discours, sur l’obligation ou pas, pour les salariés du secteur privé, d’être présents sur leur lieu de travail ; point d'interrogation dans le secteur public, dont les agents ont été libérés d'emblée, sauf ceux réquisitionnés, par la situation de crise.
Selon les consignes écrites, chacun devait se protéger et éviter tout déplacement, tandis que lors des interviews, le préfet indiquait que les entreprises n’avaient aucune obligation de fermeture.
Parallèlement, sur le terrain des enseignes qui souhaitait fonctionner normalement ont été sommées de baisser rideaux par les forces de l’ordre.

En la matière, il en va de la responsabilité de chacun, sachant que des vies sont en jeu.
 

A lire l’article : Vigilance Rouge… jours « chômés » ?

3- La protection individuelle

Des bagarres, dans les enseignes de grande distribution, pour les derniers packs d’eau encore disponibles… voilà un symbole du manque de préparation, pour une minorité.
Cela, alors que, depuis fin mai/début juin, chacun est incité à prendre des dispositions, pour aborder sereinement la saison cyclonique qui dure, dans nos territoires près de six mois.

A lire : « CYCLONES/ les infos pratiques »

Notons aussi la discipline des Guadeloupéens, saluée par le préfet de la région : les habitants ont, en très grande majorité, suivi les instructions de prévention ; les rues étaient calmes. Signe que les menaces sont prises au sérieux, comme il se doit.

Mais des imprudents, il y en a toujours... comme cette famille qui se promenait à la Pointe des Châteaux, alors que les vents et la houle étaient encore plus forts qu'à l'accoutumée (Voir le groupe Facebook Alerte Guadeloupe), ou encore les amateurs de belles vagues :

Véliplanchistes dans la tempête Isaac © Eric STIMPFLING/

 

4- La vie a repris son cours normal, ce vendredi

Au final, partout dans l’archipel, l’heure est soulagement, alors qu’Isaac suit son chemin, en s’éloignant, au Sud-Ouest, en mer des Caraïbes.

A Saint-Martin, où les toitures sont encore bâchées, pour la plupart, depuis IRMA, le moindre coup de vent est craint :
Calme plat à Bas-du-Fort :

© Bruno PANSIOT-VILON

Saint-François, la Houle s’est apaisée depuis :

© Sébastien GILLES

Idem, aux Saintes. Même la route de Rodrigue, à Terre de Haut – un temps menacée par la houle – a tenu bon :

Merci aux Internautes d’avoir partagé, avec nous, leurs photos et vidéos, durant cet évènement, sur le groupe Facebook Alerte Guadeloupe !