Les conclusions de l'enquête sur la mort de Cédric Cornet laissent "un goût amer" selon l'avocat de la veuve de l'ancien maire

Cédric Cornet, maire du Gosier et président de la CARL, décédé le 21 mars 2024, à l'âge de 43 ans.
Le 11 mars dernier, le parquet de Pointe-à-Pitre a clôturé l’enquête ouverte un an plus tôt en recherche des causes de la mort de Cédric Cornet. C’est désormais officiel, l’ancien maire du Gosier est bien décédé de mort accidentelle, étouffé par un morceau de viande coincé dans son larynx.

L’autopsie de Cédric Cornet, effectuée le 22 mars 2024, soit dès le lendemain de la découverte du corps de l’ancien maire du Gosier, avait déjà révélé l’essentiel.

Cédric Cornet a été victime d’une asphyxie mortelle provoquée par la présence d’un gros morceau de viande blanche de 5 cm sur 8 et de 3 cm d’épaisseur qui obstruait totalement son larynx. Les spécialistes parlent plus communément d’une mort par fausse route.

À l’époque, l’explication avait pourtant été jugée trop simple par les avocats de la famille. Ces derniers avaient multiplié les demandes de contre-expertise et même déposé plainte pour assassinat au motif que l’élu faisait l’objet de plusieurs menaces de mort. Des courriers anonymes qui se sont révélés autant d’impasses pour les enquêteurs de la police judiciaire.

À défaut, les policiers ont alors examiné tous les éléments factuels. Le domicile de Cédric Cornet, ses habitudes, son entourage proche.

La dernière journée de Cédric Cornet

Le jour de sa mort, Cédric Cornet est rentré chez lui à 10h43 comme l’attestent les images de vidéosurveillance de son domicile.

Une fois arrivé chez lui, l’ancien maire du Gosier avait pour habitude de s’enfermer systématiquement dans sa maison.
Ce matin-là, il n’a ouvert qu’à son chauffeur venu à plusieurs reprises lui apporter des parapheurs à signer, puis son déjeuner à 13h17. Le plat livré, une côte de veau à l’italienne et des frites, provenait d’un restaurant bien connu de Bas-du-Fort (Gosier) auprès duquel Cedric Cornet avait ses habitudes. 
Une viande qui pour être mangée devait auparavant être coupée avec un couteau. Or il n’a été retrouvé qu’une fourchette dans la barquette.

De toute évidence, Cedric Cornet avait, comme à son habitude, voulu manger trop vite. Une thèse confirmée par le chauffeur de l’ancien élu qui a indiqué aux enquêteurs avoir, par le passé, mis en garde son ancien patron à plusieurs reprises.

Sans grand succès.

L'avocat de la veuve de Cédric Cornet regrette plusieurs points de l'enquête

La finalité de l'enquête "laisse un goût amer" aux proches de l'ancien élu, a indiqué Maître Freddy Brillon, l'avocat de Luella André, veuve de Cédric Cornet. 

Les constatations faites par les parties civiles ont été systématiquement ignorées et n’ont jamais fait l’objet d’une réelle investigation. Des pièces à conviction, notamment le tragique fragment de viande retrouvé dans le pharynx, ont mystérieusement disparu, et ce, dès le lendemain de l’autopsie. De plus, les analyses ADN, jugées tardives, ont été rejetées, et les enregistrements de la vidéosurveillance de la mairie n’ont pas été scrutés. Les allées et venues suspectes autour du domicile de Monsieur Cornet, le jour du drame n’ont pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

Me Freddy Brillon, avocat de Luella André, veuve de Cédric Cornet

Pour Me Brillon, cette affaire nécessitait une "enquête ciblée". Il estime qu'il s'agit de "la validation judiciaire de la première autopsie, réalisée dans la hâte, tout en refusant toute contre-autopsie avant la crémation".

La famille et les proches ont ainsi traversé un véritable calvaire judiciaire, s’ajoutant à leur tragédie personnelle. Ce n’est pas seulement le classement sans suite qui suscite l’interrogation, mais surtout les obstacles persistants à l’expression des victimes et de leurs avocats dans un dossier émaillé de contradictions et déjà fragilisé dès ses débuts.

Me Freddy Brillon

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