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Haïti : l'essence et le diesel se font de plus en plus rares

Caraïbes
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Des motocyclistes font la queue devant une station service à Port-au-Prince, le 28 août 2019. ©CHANDAN KHANNA / AFP
Des stations essence fermées à Port-au-Prince, des automobilistes qui font la queue dans l'espoir d'acheter quelques gouttes de carburant... Depuis plus d'une semaine, les produits pétroliers, notamment l'essence et le diesel, se font de plus en plus rare en Haïti.
Dans la capitale comme dans les villes de provinces, le constat est le même: les automobilistes font la queue dans les rares stations essence qui vendent encore du carburant, dont le prix a fortement augmenté. "Cela fait des heures que je suis dans cette ligne interminable. Quand les stations de service ne sont pas fermées, ceux qui vendent de l'essence le font au compte-gouttes", se plaint un chauffeur de taxi-moto, l'un des moyens de transport le plus fréquent à Port-au-Prince.
           
Le président de l'Association nationale des distributeurs des produits pétroliers (ANADIPP) a confirmé à l'AFP que la pénurie de carburant était bien réelle. "Il y a effectivement une rareté de produits pétroliers sur le marché local", a indiqué David Turnier. Une source proche d'une des principales compagnies importatrices de produits pétroliers a indiqué qu'il s'agissait d'un problème de trésorerie. "L'Etat haïtien n'a pas assez de moyens économiques pour payer ses dettes auprès des compagnies qui importent l'essence dans le pays. Et nous, quand on n'a pas d'argent, on ne peut pas placer des commandes", a expliqué cette source sous couvert d'anonymat.
           

Gouvernement privé de budget

Depuis plus d'un an, le programme PetroCaribe qui permettait à l'Etat haïtien d'acheter des produits pétroliers à crédit et à meilleur prix a été suspendu à cause de la détérioration des relations entre les Etats-Unis et le Venezuela. Le cyclone Dorian qui traverse actuellement des régions de la Caraïbe aurait de surcroît retardé la livraison cette semaine de produits pétroliers.
           
Le gouvernement démissionnaire depuis plus de cinq mois, privé de budget et qui fait face à une aide internationale de plus en plus rare, tente en vain de rassurer la population. A cause de cette pénurie, le gallon de gazoline qui se vend normalement à 224 gourdes, soit 2,33 dollars, est passé jusqu'à 500 gourdes (5.20 dollars) dans certaines zones.
 
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