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Les Haïtiens choqués mais pas vraiment étonnés des propos de Donald Trump

Les Haïtiens ont jugé avec dédain les propos insultants de Donald Trump à l'encontre de leur pays. Des paroles qui ont, pour certains, des relents de racisme lié à la prise d'indépendance de la première République noire de l'histoire.

Des Haïtiens de Miami manifestent contre le président Trump, le 12 janvier 2018. © JOE RAEDLE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP
© JOE RAEDLE/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP Des Haïtiens de Miami manifestent contre le président Trump, le 12 janvier 2018.
  • La1ere.fr (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
Il n'y aurait pas de moment approprié pour qualifier un Etat de "pays de merde" mais les propos de Donald Trump tombent au plus mal en Haïti : le pays a commémoré, le 12 janvier, la tragédie du séisme de 2010 qui a causé la mort de plus de 200.000 personnes. A la tribune, le président Jovenel Moïse n'a pas évoqué ce nouvel écart de langage de son homologue américain mais l'assemblée a applaudi quand il a simplement rappelé qu'"Haïti est un pays comme les autres sur la Terre".

Pour certains citoyens haïtiens, l'origine de cette vision raciste contre Haïti est à chercher dans l'histoire singulière de la première République noire. Après son indépendance obtenue en 1804, Haïti est mis au ban des nations qui, esclavagistes, ont tardé à lier officiellement des relations diplomatiques avec les dirigeants noirs. La France n'a reconnu l'indépendance de ce qui fut sa plus riche colonie qu'en 1826, et contre le paiement de compensations équivalant aujourd'hui à plus de 17 milliards d'euros.

Sursaut national 

"Haïti a été vendue comme étant un pays à problèmes : il faut remonter à des problématiques historiques pour comprendre comment on a construit Haïti comme étant un pays à part", a déclaré à l'AFP Renald Lubérice, secrétaire général du conseil des ministres. "Aujourd'hui malheureusement, il y a des gens qui ne sortent pas encore de cette image mais rassurez-vous, nous sommes un pays normal" a insisté en souriant le haut cadre du pouvoir exécutif.

"Personnellement je suis sidéré mais pas étonné : on paie encore pour l'indépendance, pour cette culture que l'on a", appuie Erol Josué, artiste et prêtre vaudou, religion qui a lancé la révolte d'esclaves en 1803. Aussi regrettable qu'elle soit, la déclaration insultante de Donald Trump pourrait constituer un élan pour un sursaut national. "C'est un moment opportun pour que tous les Haïtiens commencent à prendre conscience de la façon dont d'autres personnes nous voient. Trump lui ose parler mais c'est aussi la réflexion de beaucoup, beaucoup d'autres gens dans le monde", estime Erol Josué.

"Indigne et offensant", selon la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie Michaëlle Jean

La secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a jugé ce samedi "indigne" et "offensant" que le président américain Donald Trump qualifie de "pays de merde" Haïti et les nations africaines, un propos qui a suscité un déluge de condamnations à travers le monde.
"Que le 1er représentant des États-Unis s'exprime en ces termes est indigne, troublant et offensant", a réagi sur son compte Twitter la Canadienne Michaëlle Jean, originaire de Haïti. "Qu'il se souvienne que son pays s'est construit par la sueur et le sang, la force aussi d'hommes et de femmes arrachés à l'Afrique, sans qui les USA ne seraient pas", a ajouté cette ancienne gouverneure générale du Canada.

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