La hausse des stocks perturbe le cours du nickel

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NICKEL
Cathodes de nickel dans un entrepôt du négociant Trafigura à Anvers ©Alain Jeannin
Des hauts et surtout des bas, mais une capacité de récupération rapide du jour au lendemain. Du Canada à la Nouvelle-Calédonie, en passant par Londres, le cours du nickel est secoué par la hausse des stocks mondiaux, au plus haut depuis février 2019.
 
Les stocks de nickel dans les entrepôts du LME ont augmenté pour la septième semaine consécutive. Au plus haut depuis fin septembre, ils représentent plus du double des niveaux observés en novembre. Vendredi dernier, le prix du nickel a clôturé la première semaine de janvier en baisse de 3,3 % à 13.755 dollars la tonne. Les analystes du LME ont enregistré ce mouvement baissier qui se traduit par un mot sur les écrans où s'affichent les cours : "sale" (vente).

Baisse des cours
Les marchés boursiers asiatiques ont reculé, lundi, sous l’effet des tensions et du spectre de la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran. L’importance du nickel dans l’industrie le rend sensible aux variations de la croissance mondiale et aux tensions internationales. En Chine, les investisseurs du secteur des matières premières ont réduit leurs positions avant le nouvel an chinois. La Bourse asiatique des métaux (SHEFE) a remarqué une baisse de l’intérêt pour le nickel. Le déséquilibre est net. L’offre est supérieure à la demande des marchés. A Londres, on fait le même constat, le doute s'installe.
NICKEL
Trader du nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME) ©Alain Jeannin
Stocks en hausse
Illustration lundi matin, par un nouvel afflux de 3.060 tonnes de nickel pur dans les trois grands entrepôts mondiaux de Johor, Vlissingen et Singapour. Les stocks officiels de nickel sous mandat de la Bourse des métaux de Londres ont grimpé à 132.000 tonnes, précise le négociant Marex Spectron, ils étaient de 43.692 tonnes début décembre. Lundi encore, une dépêche de l’agence économique chinoise des matières premières, SMM, pointe "les perspectives d’une faiblesse persistante de la demande dans les secteurs en aval du nickel (acier inox, galvanisation, batteries) pour le mois de janvier. Les producteurs d’acier inoxydable ont accumulé des stocks en raison de la baisse des prix des matières premières" a conclu la dépêche de SMM.

Note positive
Dans cet environnement plutôt négatif, une note de la banque américaine Goldman Sachs indique néanmoins que ses prévisions "restent haussières pour le nickel et pour le cuivre en raison des incertitudes qui pèsent autour de l’interdiction d’exportation des minerais indonésiens". Cette opinion positive d’un important acteur financier s’est traduite par une résistance marquée du nickel au cours des échanges de la journée au LME.  

Cours du nickel au LME, lundi 6 janvier à 14H15 GMT, $13.782 la tonne, ($6,21/Ib)
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