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In Memoriam : le poète guyanais Léon-Gontran Damas disparaissait il y a 40 ans

Décédé le 22 janvier 1978 à Washington, le poète guyanais Léon-Gontran Damas fut l’un des cofondateurs du mouvement de la négritude avec le Martiniquais Aimé Césaire et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor. C'était également un grand voyageur, à la personnalité complexe et tourmentée.

Le poète guyanais Léon-Gontran Damas (28 mars 1912 - 22 janvier 1978) © DR
© DR Le poète guyanais Léon-Gontran Damas (28 mars 1912 - 22 janvier 1978)
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Né le 28 mars 1912 à Cayenne, Léon-Gontran Damas aura vécu toute sa vie à l’ombre de ses condisciples en littérature qu’ont été le Martiniquais Aimé Césaire et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor. Parmi les trois chantres de la défunte négritude, Damas a été celui qui est resté relativement à l’écart, sans obtenir le niveau de reconnaissance et de notoriété de ses pairs.

Enfance difficile

Etre tourmenté, Damas a eu une enfance difficile marquée entre autres par la maladie (l’asthme) et la mort de sa mère et de sa sœur à un très jeune âge. Ses biographes rappellent qu’il fut victime d’un blocage de la parole jusqu’à l’âge de six ans. Après un passage au lycée Schoelcher de Fort-de-France, ce sera l’ébullition intellectuelle du Paris des années trente, mais aussi l’apprentissage du racisme et de la politique coloniale française.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, on le sait moins, l’écrivain participera à la résistance clandestine contre l’occupation allemande, et sera médaillé pour ces faits. On oublie souvent aussi que Damas fut parlementaire entre 1948 et 1951, député dans les rangs de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). 

Léon-Gontran Damas lit des extraits de ses livres "Pigments", "Graffiti", "Black Label" et "Nevralgies" (archive audio)

Le goût des voyages

Damas avait le goût des voyages. Il parcourra les Etats-Unis de long en large, avant de s’installer définitivement comme professeur à l’université Howard à Washington, où il mourra. De l’Amérique, Damas connaissait déjà, par ses lectures, les écrivains et artistes noirs. Ce sont eux qui l’intéressent et qu’il rencontrera : Langston Hughes, Claude McKay, Alan Locke, Billie Holiday, Dizzy Gillespie, et les grands poètes de Harlem, où Damas s’installe à son arrivée. En immersion, comme il dit. Là, il découvre, dans un maelstrom de sentiments contradictoires, la ségrégation, le racisme, la passion amoureuse, le jazz et le militantisme afro-américain, entre autres. D’une sensibilité à fleur de peau, il s’y brûle aussi les ailes.

Il ira également au Brésil, en Haïti, en Jamaïque, à Cuba, au Guyana, et sillonnera une bonne partie de l’Afrique de l’ouest et centrale. Ses rencontres iront d’André Breton aux écrivains afro-américains Langston Hughes et Richard Wright, et de Senghor à Frantz Fanon. Malgré de nombreuses désillusions, l’auteur de « Pigments », « Névralgie » et Black-Label », aux vies multiples, demeurera un passionné très attaché à sa terre natale, cette Guyane profonde tout à la fois nègre et amérindienne.

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