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Isabelle, Antillaise de 74 ans, la plus ancienne détenue de France demande une grâce présidentielle

Depuis 33 ans, dont 21 ans en hôpital psychiatrique, Isabelle (nom d'emprunt) est enfermée à Rennes. Cette Antillaise a été condamnée à la perpétuité pour meurtre. A 74 ans, elle demande une grâce présidentielle.

Prison pour femmes de Rennes © Damien MEYER / AFP
© Damien MEYER / AFP Prison pour femmes de Rennes
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
Isabelle ne demande pas la totale liberté. "Elle sait qu’elle n’en est pas capable", précise son avocate Virginie Bianchi (en photo ci-dessous). Isabelle a été incarcérée en 1985 aux Antilles, condamnée pour meurtre en 1988 et transférée à Rennes. Depuis 21 ans, cette 
Isabelle Bianchi
Antillaise, âgée aujourd'hui de 74 ans est internée en hôpital psychiatrique et souhaite y rester. Elle demande la grâce présidentielle.

Demande à Emmanuel Macron

Nous avons effectué une demande de grâce présidentielle en septembre 2015 à François Hollande. Nous n’avons reçu aucune réponse. Le 1er mars dernier, nous avons à nouveau fait une demande, cette fois à Emmanuel Macron, nous attendons.


- Virginie Bianchi, avocate d'Isabelle


Le président est en effet  libre de répondre ou non à cette demande de suppression ou de réduction de sanction pénale. Il le fait souvent sous la pression des médias.

Un minimum de liberté

Hospitalisée sous contrainte et condamnée à la perpétuité, Isabelle demande une grâce présidentielle afin d’avoir "un minimum de liberté dans le cadre de son hospitalisation". "C’est très concret, précise son conseil. Aujourd’hui, elle ne peut pas avoir de téléphone portable. Elle qui est très croyante aimerait bien contacter les amies de la paroisse qu’elle est parvenue à rencontrer.

Autre exemple : si elle doit se rendre à un rendez-vous médical, elle doit être accompagnée par des gardiens de prison. Or tout ce qui lui rappelle la prison, la terrifie au plus haut point. Ma cliente n’a donc pas vu de gynécologue depuis 21 ans


Native des Antilles

Au fur et à mesure des années, Virginie Bianchi confie s’être attachée à "cette vieille dame qui aime bien parler". Née en 1944, Isabelle vient d’un milieu très défavorisée. Selon son avocate, elle avait très probablement des troubles psychologiques dès son adolescence qui n’ont pas été soignés. "C’est une femme très fragile, dans une très grande souffrance". Native d’une "petite île française des Antilles" (son avocate refuse d'être plus précise), Isabelle a connu la rue, la misère et la violence.

Déracinement total

Condamnée pour meurtre, Isabelle est partie à Rennes en 1988. "A l’époque, explique son avocate Virginie Bianchi, Rennes était le seul établissement pénitentiaire pour femmes susceptible d’accueillir les longues peines. Ma cliente est donc arrivée pour la première fois en métropole pour être incarcérée. Elle parlait assez mal le Français, elle n’avait aucune famille ici". C’était le déracinement le plus total.

"Isabelle"

Isabelle est donc aujourd’hui la plus vieille détenue de France. "Il y a environ 600 personnes condamnées à la perpétuité en France, dont moins de dix femmes" précise Virginie Bianchi qui, en tant qu'ex-sous-directrice de la prison de Clairveaux, connaît bien le sujet. Isabelle n’est d’ailleurs pas son vrai prénom. Son avocate préfère ne pas trop donner de détails sur sa cliente. "Même dans les hôpitaux psychiatriques, on lit et on regarde les journaux", précise-t-elle. "Je ne souhaite pas que ma cliente soit traitée aujourd’hui d’assassin".

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