Jean-Luc Mélenchon condamne le démantèlement du piquet de grève du CHU de Guadeloupe

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Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon dans son QG de campagne à Paris, le 19 octobre 2021 ©Nordine Bensmail
"Nous ne sommes plus dans une crise sanitaire mais dans une crise démocratique et sociale", a estimé le candidat à la présidentielle sur ses réseaux sociaux.

Jean-Luc Mélenchon a "condamné" le démantèlement du piquet de grève du CHU de Pointe-à-Pitre par les forces de l'ordre lundi, estimant qu'une "crise démocratique et sociale a été provoquée par l'inaptitude à comprendre les populations des Antilles". "Une lourde intervention policière a éradiqué le piquet de grève de l'hôpital" tenu par des collectifs opposés à l'obligation vaccinale pour les soignants, a dénoncé lors d'une allocution sur les réseaux sociaux le candidat Insoumis à la présidentielle, qui était venu soutenir au CHU les grévistes en décembre.

Ce démantèlement, survenu dans la nuit de dimanche à lundi, a été suivi d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. Quatre personnes ont été interpellées. Jean-Luc Mélenchon a aussi critiqué "l'arrestation brutale et sans raison d'Elie Domota, l'un des leaders les plus respectés du syndicalisme guadeloupéen", pour "rébellion" contre les forces de l'ordre il y a quelques jours, avant sa remise en liberté.

"En finir" avec une approche "qu'on pourrait qualifier de coloniale"

En Guadeloupe comme en Martinique, où la défiance contre la vaccination anti-Covid est grande, "nous ne sommes plus dans une crise sanitaire mais dans une crise démocratique et sociale, provoquée par l'inaptitude à comprendre le point de vue des populations des Antilles, leurs angoisses légitimes, leurs aspirations", a affirmé M. Mélenchon. "Les témoignagnes qui nous arrivent sont extrêmement alarmants sur une forme de désespérance, notamment dans la jeunesse" privée de "toute vie sociale nocturne", a-t-il rapporté.

"Il est temps d'en finir avec une approche qu'on pourrait qualifier de coloniale", a-t-il estimé, en référence à la visite express en décembre du ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu et à "l'escalade", selon lui, sciemment décidée par le gouvernement. "On pense qu'en intimidant la population aux Antilles, on finira par la mater", mais c'est "l'échec total des mois et des mois de couvre-feu, avec des horaires changeants", a estimé Jean-Luc Mélenchon, ajoutant: "il y a une circulation totale de l'épidémie et aucune des mesures vaccinales ne protège contre Omicron".

Selon lui, "il est temps de choisir d'autres méthodes, et rétablir une discussion normale": il faut mettre "fin aux couvre-feux et confinements, à la situation des personnels non-vaccinés, amnistier les condamnés (qui avaient été arrêtés pendant les troubles du début de l'hiver, NDLR), et que le gouvernement rencontre les représentants des syndicats, des collectifs". 

Il a aussi demandé la mise en oeuvre "immédiate" d'un "plan Orsec eau" pour les Antilles, où les coupures d'eau potable sont systémiques.