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Anne-Diana Clain condamnée à 9 ans de prison pour avoir tenté de rejoindre ses frères en Syrie

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Anne-Diana Clain, soeur de Fabien et Jean-Michel, lors de son procès à Paris le 19 novembre 2019. À ses côtés, son mari Mohamed Amri. Tous les deux sont jugés pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme", après avoir été arrêtés en 2016 alors qu'il tentait de rejoindre la Syrie. ©Benoit PEYRUCQ / AFP
La sœur aînée de la fratrie Clain, Anne-Diana, a été condamnée ce mercredi 20 novembre à 9 ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. Elle était jugée avec son époux religieux, Mohamed Amri, pour avoir tenté de rejoindre la Syrie en 2016.
Anne-Diana Clain a été condamnée à 9 ans de prison, avec une période de sûreté des deux-tiers, pour avoir tenté de rejoindre la Syrie en 2016, où ses frères, Fabien et Jean-Michel, étaient cadres de l'État islamique jusqu'à leur mort en février dernier. Elle devra également effectuer un suivi socio-judiciaire de 3 ans pendant sa peine.

Mohamed Amri, son époux religieux, a lui été condamné à la peine maximale de 10 ans, assortie d'une interdiction de présence sur le territoire français. 
 

Appel

Le jugement a été rendu ce mercredi 20 novembre par le tribunal correctionnel de Paris. Une peine relativement élevée selon ses avocats, Mes Martin Desrues et Xavier Nogueras, qui annoncent déjà vouloir faire appel de ce jugement.
 
Les faits reprochés sont simples, mais le contexte est particulier : Anne-Diana est la première membre de la famille Clain, à l'exception toute récente de sa fille Jennifer arrêtée en Syrie en septembre, à se retrouver devant un tribunal en France. Difficile alors pour la juridiction d'ignorer le patronyme de cette femme née à La Réunion en 1975. 
 

"On ne juge pas les frères Clain"

C'était d'ailleurs tout l'enjeu de la défense : séparer Anne-Diana du reste de la famille Clain, véritable clan dont une trentaine de membres est partie en Syrie pour rejoindre le califat entre 2013 et 2015.
 
"Le nom Clain est un nom qui résonne, qui effraie", a souligné Me Xavier Nogueras, lors de sa plaidoirie, devant une salle d'audience comble. "On veut voir le visage Clain", a mis en évidence celui qui rappelle qu'il ne faut pas omettre qu'Anne-Diana Clain n'a jamais eu l'intention de porter les armes. 

C'est aussi ce que note Me Martin Desrues : "On ne juge pas les frères Clain (...), elle n'a jamais mis un pied sur le sol syrien et plus largement, en zone irako-syrienne. Elle n'a jamais souhaité faire un attentat, ni tuer quelqu'un." Mais lui considère qu'il est important d'avoir à l'esprit "toute l'histoire" de cette famille : "C'est une très bonne chose qu'on parle de la famille Clain parce qu'on ne pourra jamais comprendre son individualité si on n'étudie pas ses proches."
 

Il y a énormément de sang sur votre nom de famille. Votre famille est maudite. Et le seul individu, pour le moment, qui recèle une once de quelque chose qui ressemble à l’espoir, c’est un comble, c’est celle-ci, qui est dans le box, qui n’a pas mis les pieds en Syrie, qui n’a pas de sang sur les mains. Elle est celle qui incarne à ce jour le seul espoir de cette famille maudite. Elle est la seule qui représente encore la vie ne serait-ce qu’à travers son amour pour ses enfants. 
- Me Martin Desrues

 

Regrets

Ses enfants, au nombre de six, ont été évoqués à plusieurs reprises durant le procès. C'est avec quatre d'entre eux qu'Anne-Diana Clain est partie en direction de la Syrie le 6 août 2015, pour y retrouver ses deux premières filles.

Au cours de cette deuxième et dernière journée d'audience, Anne-Diana Clain pleure à plusieurs reprises à l'évocation de ses enfants : "Je suis contente d’être en prison et que mes enfants soient placés dans des foyers. Je suis déçue d’avoir gâché la vie de mes enfants, je veux leur demander pardon. Je m’excuse vraiment."

Anne-Diana Clain a a plaidé l'aveuglement, la confiance qu'elle avait en ses frères. Dans leur rapport, les experts psychiatres ont dressé le portrait d'une femme "influençable", à "maturité faible", avec un vrai besoin de reconnaissance. Une femme qui dit aujourd'hui vouloir reprendre une vie normale, après la prison. 
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