JO 2021 : trois gymnastes des Outre-mer et des espoirs de médailles à Tokyo

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La Martiniquaise Mélanie de Jesus dos Santos et la Réunionnaise Marine Boyer sont titulaires de l'équipe de France de gymnastique, Célia Serber (au centre) est réserviste. ©Kelly Pujar / Angélique Le Bouter
Trois gymnastes des Outre-mer représentent la France à Tokyo : la Réunionnaise Marine Boyer et la Martiniquaise Mélanie de Jesus dos Santos visent des médailles, tandis que Célia Serber, Guadeloupéenne de 17 ans, endosse le rôle – parfois ingrat mais si formateur - de remplaçante.

Marine Boyer, Mélanie De Jesus Dos Santos, Carolann Héduit et Aline Friess ont été sélectionnées par la fédération française de gymnastique pour participer aux Jeux Olympiques de Tokyo du 23 juillet au 8 août. Également en route pour le Japon, Célia Serber et Coline Devillard sont réservistes. "On s'entend super bien, sourit Marine Boyer, la capitaine. On est une belle et bonne équipe parce qu'on se connait toutes. Même les nouvelles, on les intègre bien. On s'entend toutes bien, c'est ça aussi qui fait notre force."

Cette équipe de France pourrait bien ramener trois médailles de Tokyo. "On a ce potentiel-là, pronostique Véronique Legras-Snoeck, qui reste prudente cependant, plus par superstition que par manque de confiance en ses filles. "Si on revient avec une, on fera la fête!"

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Six gymnastes françaises participent aux JO 2021. ©Kelly Pujar / Angélique Le Bouter

Pour Marine Boyer, plaisir et médaille en ligne de mire

Spécialiste de la poutre, la Réunionnaise Marine Boyer sera, pour sa deuxième participation aux Jeux Olympiques, capitaine des gymnastes tricolores. Son rôle cette année, "c'est soutenir et d'encourager l'équipe de France en tant que capitaine, mais surtout faire son travail notamment à la poutre d'équilibre. Atteindre une finale et pourquoi pas une médaille", explique Véronique Legras-Snoeck, directrice du haut-niveau à la fédération française de gymnastique.

La native de Saint-Benoît – qui peut, sans complexe, rêver d'un podium – est pressée de se lancer dans la compétition : "J'ai hâte d'y être parce que les entrainements qui vont arriver ce seront les plus durs, il faut être vigilante. On va travailler sur la précision, sur le mouvement parfait pour gagner tous les petits dixièmes à la compétition." Et une fois là-bas, "je vais me faire plaisir avant tout, profiter du moment", glisse la gymnaste de 21 ans, connue pour son esprit d'équipe et qui aime "véhiculer [sa] bonne humeur".

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La Réunionnaise Marine Boyer est la capitaine de l'équipe de France de gymnastique à Tokyo. ©Kelly Pujar

Engagée sur tous les agrès à Tokyo, Marine Boyer a pour objectif numéro un la finale de la poutre. Vice-championne d'Europe en 2016 et 2018 sur cet agrès, elle a vu la médaille olympique lui glisser entre les doigts à Rio de Janeiro en 2016. Alors âgée de 16 ans, elle terminait quatrième à un cheveu de Simone Biles en bronze. Cinq ans plus tard, l'Américaine est plus forte que jamais et sera une adversaire de poids à Tokyo. Mais qu'importe, une fois en finale, "tout est possible, observe la Réunionnaise. On sait que la poutre, c'est compliqué au niveau stress. Les chutes aussi, ça peut y aller donc il faut se faire plaisir et kiffer le moment!"    

Mélanie de Jesus dos Santos, attendue et redoutée

Si Simone Biles est une adversaire incontournable à la poutre, Mélanie de Jesus dos Santos pourrait bien venir troubler l'ordre établi, en accompagnant Marine Boyer en finale. "C'est un rêve, avoue Véronique Legras-Snoeck. Elles sont toutes les deux concurrentes, elles sont toutes les deux amies donc si elles sont toutes les deux-là, c'est tant mieux. Sinon que la meilleure gagne!"

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La Réunionnaise Marine Boyer (à gauche) et la Martiniquaise Mélanie de Jesus dos Santos ont toutes les deux des ambitions à la poutre. ©Kelly Pujar

Même si ce n'est pas son agrès de prédilection, la Martiniquaise a frappé un grand coup en avril à Bâle en remportant les championnats d'Europe dans cette discipline, devançant la championne olympique en titre, la Néerlandaise Sanne Wevers. A cette occasion, la jeune femme de 21 ans avait inauguré une nouvelle sortie faite d'un double salto arrière vrillé. Très prometteur.

Et ses ambitions ne s'arrêtent pas là. Mélanie de Jesus dos Santos peut viser un podium au concours général (saut, sol, poutre et barres asymétriques). Et ce n'est pas tout : "C'est aussi un potentiel aux barres asymétriques maintenant parce qu'elle a un nouveau programme, et au sol", complète Véronique Legras-Snoeck. Le sol est d'ailleurs "son agrès préféré", elle qui adore la danse et la musique. En 2018 et 1019, elle devenait championne d'Europe de la discipline. 

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La Martiniquaise Mélanie de Jesus dos Santos est l'une des grande chances de médailles de la gymnastique française à Tokyo. ©Kelly Pujar


Beaucoup d'espoirs reposent donc sur les épaules de la Martiniquaise, mais pas forcément de quoi l'inquiéter. Mélanie fait preuve de beaucoup de maturité et d'un mental d'acier : "Mes objectifs seraient de performer, de faire ce que je sais faire, réussir mon programme, tout faire pour ne rien regretter après. Si j'arrive à faire tout ça, il y a le résultat qui viendra."

Pour Célia Serber, "un rêve qui se réalise"

"C'est un peu un rêve quand même qui se réalise, donc ça fait plaisir!" Originaire de la Guadeloupe par son papa, Célia Serber s'est vue attribuer le rôle de réserviste. À l'aise dans les quatre agrès, avec une préférence pour le sol, elle sait qu'elle devra "être prête au cas où il y ait un pépin". "Je fais mon job à fond, jusqu'au bout. Je serai là pour l'équipe de France!"

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La Guadeloupéenne Célia Serber participera à ses premiers JO, en tant que réserviste de l'équipe de France. ©Kelly Pujar


Si elle a la chance d'assister à ses premiers Jeux Olympiques à 17 ans, celle qui est l'une des deux remplaçantes de l'équipe ne devrait cependant pas participer à la compétition. Et pourtant, elle devra être au top à tous les instants. "Le rôle de remplaçante, c'est le rôle le plus difficile, parce que c'est être prête à tout moment, pas juste là au cas où. C'est faire la même chose que tout le monde, avec la même pression."

Véronique Legras-Snoeck, directrice du haut-niveau à la fédération française de gymnastique poursuit : "C'est une magnifique expérience pour Célia qui est une très belle gymnaste. Elle monte en puissance en ce moment. C'est bien qu'elle prenne cette expérience des jeux ici à Tokyo parce que c'est un grand potentiel pour 2024 et Paris."

Les principales concurrentes des Françaises à Tokyo?

Les États-Unis, la Chine, la Russie, répond sans hésiter la cheffe d'équipe. "La Chine et les États-Unis semblent imprenables, mais à Stuttgart, elles sont tombées, détaille Véronique Legras-Snoeck. Mais c'est sans compter sur la magie olympique qui pousse au dépassement de soi et réserve parfois quelques surprises. Une fois qu'on rentre dans les huit, tout est possible."

A suivre sur France Télévisions :

Jeudi 29 juillet - Finale du concours général individuel
(19h50 – 22h00 au Japon, 12h50 - 15h00 dans l'Hexagone)

Dimanche 1er août – Finale barres asymétriques
(19h15 – 20h00 au Japon, 12h15 – 13h00 dans l'Hexagone)

Lundi 2 août – Finale poutre
(17h45 – 18h30 au japon, 10h45 – 11h30 dans l'Hexagone)

Mardi 3 août - Finale sol
(17h45 – 18h30 au Japon, 10h45 – 11h30 dans l'Hexagone)