Justice : ouverture du procès à Versailles d'un Guadeloupéen accusé de féminicide

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Mélissa, 26 ans, 83e féminicide commis depuis le début de l'année sur le territoire français
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Le procès d'Anicet Polion accusé d'avoir tué à coups de couteau son ex-compagne en 2019 près de la crèche où elle travaillait s'est ouvert mardi devant la cour d'assises des Yvelines.

Fines lunettes, polaire grise et visage fin, Anicet Polion avait, lors de l'instruction, reconnu avoir porté les coups de couteau à son ex-compagne Natacha, le matin du 1er octobre 2019 à Marly-le-Roi, une banlieue pavillonnaire à l'ouest de Paris. "J'ai fait une bêtise, j'ai tué ma copine, je veux mourir aussi", avait-il dit ce matin-là à un témoin, selon le récit de ce dernier, avant d'être pris en charge par les pompiers, les veines coupées au couteau. Depuis les faits, et après un séjour à l'hôpital consécutif à sa tentative de
suicide, il comparaît en détention provisoire.

54 appels et une vingtaine de SMS

L'avant-veille des faits, l'accusé a tenté 54 fois d'appeler Natacha, avec qui il avait vécu avant qu'elle ne s'éloigne dans les mois précédant les faits. Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2019, il a encore essayé de la joindre, lui envoyant une vingtaine de SMS. Il avait posé, ce 1er octobre, un jour de congé auprès de son employeur. Jaloux maladif, selon des experts psychiatres, il a passé cette nuit-là à tourner à vélo à proximité du domicile de son ex-compagne.


Elle sera retrouvée gravement blessée à quelques mètres de la crèche où elle travaille, vers 8h00 du matin, des témoins ayant entendu ses cris. L'autopsie a relevé neuf plaies par arme blanche, deux mortelles dont une dans le cœur de cette femme de
38 ans, mère de deux enfants. L'accusé était obsédé par l'idée que Natacha le trompe, a raconté aux enquêteurs une autre ex-compagne. "Ça y est, ça y est, je l'ai fait", lui aurait dit l'accusé au téléphone quelques minutes après les faits, ajoutant qu'il allait se couper les veines.

 

Anicet Polion, 53 ans aujourd'hui, est gardien d'immeuble, père de trois enfants et, comme la victime, né en Guadeloupe. Les proches de la victime ont décrit un homme parfois violent avec elle, qui a reconnu pendant l'enquête avoir mené un chantage au suicide.

Renvoyé devant la cour d'assises pour homicide volontaire sur conjoint ou ex-conjoint, l'accusé encourt la réclusion criminelle a perpétuité. Un verdict est attendu vendredi.