À Kourou, le Guyanais Jean-Marc Pansa est toujours privé de basket… et de pêche en mer !

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Jean-Marc Pansa
Jean-Marc Pansa by himself
De retour chez lui à Kourou en Guyane, le basketteur Jean-Marc Pansa n’est pas encore autorisé à retâter du ballon. Quatorzaine oblige. Mais c’est pour bientôt. Tout comme son autre passion : la pêche en mer.
Il est rentré chez lui le 21 mai dernier. Jean-Marc Pansa n’a pas voulu attendre la décision officielle de la Ligue Nationale de Basket. De toute façon, le Guyanais savait déjà que les sports collectifs ne reprendraient pas la compétition avant août. Au mieux. Pourquoi donc rester ? Saison terminée. On fait les valises. Direction le soleil. Direction la Guyane. Avec tout d’abord un vol Nice/Paris loin d’être surchargé : "Il devait y avoir trente passagers dans l’avion, raconte Jean-Marc Pansa. Quarante au grand maximum. À raison d’un seul voyageur par rangée. Difficile de se plaindre du manque de place."
Rebelote sur le Paris/Cayenne. Un peu plus de monde, cette fois-ci. Un voyage plus long et quand même particulier : "Dans l’ensemble, j’ai trouvé les gens détendus. On a même ramené des infirmières et des médecins. Une ambiance chaleureuse. Le seul truc spécial, c’était de devoir porter un masque pendant tout le vol. Un Paris/Cayenne masqué, je n’avais encore jamais expérimenté."

Depuis qu’il a posé le pied en Guyane, Jean-Marc Pansa doit respecter une quatorzaine chez lui à Kourou. La réglementation française anti-Covid-19 l’exige. La famille Pansa a retrouvé un basketteur très affuté. Le joueur de Nanterre prêté en janvier dernier au club d’Antibes, a bien géré son confinement : "Pendant cet arrêt forcé, j’ai fait très attention à ce que je mangeais. Je ne voulais pas prendre de poids. J’ai donc suivi un programme alimentaire très strict. Ça a payé puisque j’ai perdu trois kilos. Physiquement, je me sens super bien."
 
Jean-Marc Pansa
Jean-Marc Pansa sous le maillot des Sharks d'Antibes ©Twitter Jean-Marc Pansa
 

Le rêve de Jean-Marc : faire mieux qu’un certain Kévin Séraphin

Un Jean-Marc Pansa plus léger. Toujours aussi grand (2 mètres 10). Et qui a pu enfin démontrer son potentiel, l’espace de huit rencontres avec Antibes, club de Pro-B : "Antibes cherchait un deuxième joueur intérieur et comme Nanterre ne comptait pas trop sur moi cette saison, le prêt était idéal. J'ai joué plus de quinze minutes par match. Les sensations étaient là. Puis le confinement a été décrété…" Confinement. Saison abrégée. Dure réalité pour un jeune joueur ambitieux de 22 ans. Ses rêves pourtant demeurent intacts : "Le coronavirus ne change rien à mes envies de NBA. Je ne serai simplement plus éligible à la Draft. Mais rien ne m’empêche de rejoindre une franchise américaine par la suite. En passant pourquoi pas par un grand club européen qui disputerait l’Euroligue. Tout reste possible pour moi."

Des ambitions intactes. Quoi de plus normal quand votre modèle se nomme Kévin Séraphin. Jean-Marc doit beaucoup à Kévin. Détecté en Guyane lors d’un camp de basket organisé par l’ancien joueur des Washington Wizards, Pansa a pu ensuite être formé à Nanterre.
Même si Kévin est arrivé en NBA à 21 ans, Jean-Marc compte bien marcher sur ses traces : "Nous nous écrivons souvent. Nous avons un lien très fort. Ses conseils sont précieux. Quel parcours il a eu… même si j’espère faire mieux que lui."
Plus fort que Kévin Séraphin ? Euh… Pas évident. Il faudrait s’appeler Rudy Gobert ! "Ça tombe bien, rétorque Jean-Marc. C’est mon joueur préféré ! J’aime tout ce qui est défensif et le jeu en contre. Rudy Gobert est un joueur fascinant. Une envergure et des qualités physiques impressionnantes."
 
Jean-Marc Pansa
Le basketteur Jean-Marc Pansa chez lui en Guyane (2018) ©Facebook Jean-Marc Pansa
 

Kourou for ever

À quatorze ans, Jean-Marc Pansa jouait encore au football. Un gardien de but heureux. Le hasard lui a fait rencontrer Gaëtan Parton, alors entraîneur à l’ASC Rou Kou basket. Le géant guyanais est venu à l’entraînement pour voir. Un vrai "goût" de foudre. Changement de vie. Le basket devient sa raison d’être. Repéré par le club de Nanterre, Jean-Marc s’envole trois ans plus tard pour l’Hexagone. On connaît la suite. Ce que l’on sait moins, c’est que le club de ses débuts manque aujourd’hui cruellement d’entraîneurs. Gaëtan Parton est parti sous d’autres cieux. À Kourou, les jeunes basketteurs sont livrés à eux-mêmes : "Je trouve la situation catastrophique pour l’ASC Rou Kou. À l’avenir, je compte bien m’investir pour aider à restructurer l’équipe et la formation. Il y a du talent ici. Je veux notamment que les jeunes puissent retrouver le chemin des playgrounds. Il y a urgence."

S’investir chez lui à Kourou. Redévelopper le basket localement… et pêcher. Car la pêche est la deuxième passion de Jean-Marc Pansa. Une passion apparue bien avant celle du basket : "Quand j’étais tout petit, j’accompagnais mon père sur son bateau. Enfant, on manque évidemment de patience. Pourtant très vite, j’ai aimé ça. Et je peux vous dire que ça m’aide beaucoup dans le basket. La pêche est un jeu de patience entre le poisson et vous. Sur le parquet, cela me permet de ne pas me précipiter."

Et attention, le Guyanais aime attraper du gros. Comprenez : de belles bêtes marines, type acoupa rouge ou jaune. Dès la fin de sa quatorzaine, Jean-Marc Pansa pourra retrouver la mer. Sur le bateau, ils seront trois. Trois frères Pansa. Et logiquement, il y aura un bel esprit de compétition : "Avec Bertrand, 18 ans et Antoine, 11 ans, on aime bien se tirer la bourre. Même à la pêche. Le meilleur des trois ? Disons que Bertrand a beaucoup progressé. Il peut s’entraîner toute l’année alors que de mon côté, c’est difficile. Mais attention, n’oubliez pas que j’ai perdu du poids…"
Si les acoupas lisent cet article, pas sûr qu’ils voient la fin de la quatorzaine de Jean-Marc Pansa comme un jour d’après comme les autres.
 
Un message du basketteur guyanais Jean-Marc Pansa