Après une longue et riche carrière de volleyeur, Dominique Daquin a voulu vivre autre chose. Immobilier. Gestion de patrimoine. Le Martiniquais a appris tous ces métiers. Il vient même de créer sa propre entreprise. Tout en préparant un retour par la grande porte dans le monde du sport.
Le volley-ball a quelque chose de cruel. Son anonymat médiatique prive ses meilleurs pratiquants d’une juste reconnaissance. En France. Car chez le voisin italien, c’est tout autre chose. Dominique Daquin pourrait vous en parler. Le Martiniquais a évolué à Palerme et Latina. Ambiance survoltée dans un pays où tous les sportifs ont un statut de dieu vivant.
En France, c’est différent. Vous avez été capitaine de l’équipe tricolore de volley ? Plus de 250 sélections au compteur ? Vice-champion d’Europe en 2003 ? Encore merci d’être venu. Nous vous rappellerons sans faute. Enfin… peut-être.
Son dernier match, il l’a disputé en 2012 avec le club de Lyon. Dominique Daquin allait sur ses quarante ans. "Nous ne sommes pas des mutants, disait-il à l’époque. Un jour ou l’autre, ça doit s’arrêter." Le Martiniquais a encore de l’énergie à revendre. Des idées plein la tête. Trop sans doute pour un milieu du volley français quelque peu assoupi.
Alors il retourne à l’école. Comme jadis il allait à l’entraînement. Avec application. Apprend l’immobilier. Se forme à la gestion de patrimoine. Découvre la finance collective au sein d’un grand groupe. Fin 2019, il se lance. Tout seul. Capt’ain Daquin est de retour.
DLD Consulting. Tel est le nom de sa nouvelle société basée près de Mâcon. Trois domaines d’activité : l’immobilier, la gestion de patrimoine et le placement de sponsoring sportif. Le spectre se veut large. La demande sera forte. Le Martiniquais a d'ailleurs prévu d’embaucher. Sauf que le coronavirus survient sans prévenir. "À peine deux mois après avoir lancé ma boîte, je n’avais plus le droit d’aller démarcher des clients. J’étais bloqué à la maison avec mon téléphone comme seule arme de développement."
N’ayant toujours pas pu embaucher en raison de l’incertitude économique, Dominique Daquin dort peu. Il passe beaucoup de temps en voiture. Pour rencontrer les clients ou visiter les projets. Beaucoup de temps aussi sur son ordinateur à préparer les contrats.
Si Dominique Daquin refuse le catastrophisme ambiant, il alerte tout de même sur la réalité économique. Les premiers mois de 2021 risquent d’être assassins : "Les aides d’état étaient les bienvenues mais elles masquent un peu ce qui nous attend. Que se passera-t-il quand il faudra commencer à rembourser les fameux PGE, Prêts Garantis par l’Etat ? Prenez les restaurateurs. Ils avaient des normes sanitaires ultra-sévères et on les a quand même obligés à fermer. Combien vont pouvoir rouvrir ? Et quand ?"
Le Japon justement accueillera l’été prochain des Jeux Olympiques retardés d’un an. Un rendez-vous planétaire au goût unique selon Dominique Daquin : "Unique parce que ce sera un bal masqué. Ni plus ni moins. Une énorme fête… mais anxiogène."
Sauf si l’organisateur japonais décide d’imposer le huis clos. "Des JO à huis clos ? s’amuse le Martiniquais. Je n’y crois pas une seule seconde. Il y aura juste beaucoup moins de monde dans les enceintes. Et avec toujours cette menace de voir repartir l’épidémie. Je vous dis : un vrai petit bonheur anxiogène !"
À désormais 48 ans, Dominique regarde tout cela avec un certain recul. De l’ambiance si particulière du championnat russe lorsqu’il évoluait au Dynamo Moscou en passant par la folie romaine de ses années à Latina, le Martiniquais a vécu un âge d’or. La période pré-Covid semble déjà si loin… "Je n’aimerais pas être sportif de haut-niveau aujourd’hui. À notre époque, on pouvait encore faire la fête. Alors qu’aujourd’hui… La Covid-19, les attentats… Assez logiquement, il n’y a plus que des restrictions. C’est flippant."