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La Guadeloupe appelle une nouvelle fois la population à déposer ses armes

Le préfet de la Guadeloupe, Jacques Billant, a lancé mardi une nouvelle campagne appelant la population à rendre les armes dont elle serait détentrice, même illégalement, sans crainte de poursuites judiciaires, alors que depuis le début de l'année le département a déjà enregistré huit homicides.

Le préfet de la Guadeloupe, Jacques Billant, a lancé une nouvelle campagne appelant la population à rendre les armes © citizenside.com / Citizenside KARL-JOSEF HILDENBRAND / DPA
© citizenside.com / Citizenside KARL-JOSEF HILDENBRAND / DPA Le préfet de la Guadeloupe, Jacques Billant, a lancé une nouvelle campagne appelant la population à rendre les armes
  • La1ère avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
La campagne s'appelle désormais "Déposons les armes" et non "Déposez" comme lors des opérations précédentes. Ce changement de dénomination "souligne l'urgente nécessité de lutter ensemble contre la violence et la circulation des armes en Guadeloupe", a expliqué Jacques Billant. Une campagne citoyenne qui insiste sur le "faire-ensemble", a insisté la préfecture: "nous sommes tous concernés et nous devons tous nous impliquer."
 

Un décompte terrible très difficile à supporter 

Arrivée il y a quelques mois dans l'archipel, la procureure générale auprès de la cour d'appel, Danielle Drouy-Ayral, a parlé d'un "décompte terrible très difficile à supporter", faisant allusion au nombre de crimes commis, qui a atteint un record en 2015 avec 46 homicides. "Intolérable et révélateur de quelque chose qui nous fait nous dire que la loi n'est pas intégrée et que la vie d'autrui ne vaut rien", a-t-elle affirmé, appelant à un "sursaut citoyen."
 

Aucune poursuite ne sera engagée si les armes remises sont détenues illégalement

Des visuels accompagnent cette campagne. Sur un fond jaune, couleur utilisée en sécurité routière et synonyme d'alerte, on voit par exemple une grand-mère s'exprimant
en créole "mes enfants, ne laissez pas les armes vous conduire en prison". Aucune poursuite ne sera engagée si les armes remises sont détenues illégalement. Cependant, a souligné la procureure générale, "il sera vérifié que les armes n'ont pas servi à commettre de crime". Si c'est le cas, le dossier sera classé sans suite.
 

Apporter une première réponse à l'inquiétude des Guadeloupéens 

La population peut rendre les armes dans les commissariats, les gendarmeries mais aussi, nouveauté cette année, à la police municipale. "Le maire, figure centrale de sécurité, jouera un rôle prépondérant de proximité (...) en impliquant sa police", a expliqué le préfet.  Autre nouveauté, la campagne va durer tout au long de l'année et non plus quelques
semaines. Pour Jacques Billant, l'objectif général est d'apporter "une première réponse à l'inquiétude des Guadeloupéens en asséchant le vivier d'armes en Guadeloupe". Les trois campagnes précédentes ont permis de détruire plus de 300 armes et 4.000 munitions. Selon la préfecture, 80% des armes des délinquants ou des criminels proviennent de cambriolage.
 

5 à 6000 personnes possèderaient légalement une arme à feu en Guadeloupe 

En janvier, le procureur de Pointe-à-Pitre Xavier Bonhomme avait indiqué que 5 à 6.000 personnes possédaient légalement une arme à feu en Guadeloupe et que plusieurs centaines de procédures avaient été établies pour détention illégale en 2015.  Danielle Drouy-Ayral a précisé que cette opération, lancée pour la première fois en 2013, était recommandée pour être déclinée dans l'hexagone.

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