La ministre du Logement Emmanuelle Wargon dit être “prête à se battre” pour financer les logements sociaux dans les Outre-mer

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Visite ministre Emmanuelle Wargon Saint-André
Lors de sa visite à Saint-André, la ministre chargée du Logement a annoncé l'attribution d'une enveloppe supplémentaire de 4 millions d'euros, portant le budget de l'aménagement du centre ville à 28 millions d'euros. ©Hermione Razafinarivo
Un rapport sur la situation du logement dans les Outre-mer vient d’être rendu par le Sénat. Emmanuelle Wargon, invitée ce lundi sur la chaîne Public Sénat, a présenté les conclusions de l’étude parlementaire. Malgré un budget en baisse, la construction de logements sociaux devrait s’intensifier.

Dans les Outre-mer, 80% des habitants sont éligibles à un logement social. Pourtant, seuls 15% d’entre eux y ont accès. Afin de satisfaire la demande, environ 10 000 logements devraient être construits par an dans l'ensemble des territoires ultramarins. Ce sont les conclusions tirées du rapport sénatorial sur le logement dans les Outre-mer dévoilé le 1er juillet et commenté ce lundi par la ministre en charge du Logement, Emmanuelle Wargon, au micro de Public Sénat. 

La territorialisation des Outre-mer en ligne de mire 

Alors que la ministre du Logement vient d’achever une visite ministérielle de trois jours sur l’île de La Réunion, ce rapport vient confirmer ce qu’elle a pu observer sur place. À La Réunion, alors que les logements coûtent “très cher” aux habitants, leurs besoins concernent “des petits logements très sociaux" a expliqué Emmanuelle Wargon.  "Des logements sociaux qui coûtent moins cher et de petites surfaces”, selon la ministre, dans lesquels pourraient s’installer en priorité des familles peu nombreuses, des personnes sans domicile fixe ou encore des personnes âgées isolées. 

“La situation du logement à La Réunion n’est pas la situation du logement dans les Outre-mer. Chaque Outre-mer est spécifique”

Emmanuelle Wargon


Outre la question de La Réunion, la ministre reconnaît qu’il faut établir un plan dédié au logement qui s’applique efficacement à tous les territoires ultramarins. “Il faut vraiment qu’il y ait, territoire par territoire, une interprétation collective et la création d’une vraie feuille de route opérationnelle”, a déclaré Emmanuelle Wargon. 

La ministre rappelle que le gouvernement porte “un plan logement dans les Outre-mer qui est partagé entre le ministère des Outre-mer et le ministère du Logement”, mais reconnaît qu'il ne suffit pas pour répondre aux besoins de chaque territoire. 

Un budget en baisse

Alors que le chantier est vaste, la ligne budgétaire unique allouée (LBU) à la question du logement dans les Outre-mer est pourtant en baisse. D’un montant de 270 millions il y a dix ans, elle est de 220 millions aujourd’hui. 

Pour autant, la ministre affirme que le financement du logement social dans les Outre-mer n’est pas au cœur du problème. “Je ne suis pas sûre que ce soit principalement une question de crédit d’État. C’est une capacité à fédérer pour que les projets sortent de terre”, a-t-elle expliqué. “À La Réunion, il y a beaucoup de projets validés, de constructions de logements sociaux sur lesquelles il y a un accord de tout le monde : mairie, bailleur social… Et trois ans après, ça n’a pas commencé”, constate Emmanuelle Wargon. Appels d'offres infructueux,  permis de construire non délivrés,  entreprises en difficulté financière… Les raisons sont multiples, reconnaît la ministre.  

“Je suis prête à mettre plus de moyens, à me battre avec Sébastien Lecornu pour avoir des crédits supplémentaires”.

Emmanuelle Wargon

La loi Solidarité et renouvellement urbain, dite SRU, qui impose un quota d’au moins 25% de logements sociaux dans les communes, expire en 2025. Mais pour assurer la construction des logements sociaux dans les zones urbaines, dans les Outre-mer comme dans l’Hexagone, Emmanuelle Wargon a annoncé que cette loi pourrait devenir permanente, si le Parlement décidait de l’enteriner.