Le prix du carburant monte aussi dans les DOM

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Le tarif des carburants continue d’augmenter dans toute la France et dans le monde. Une hausse en grande partie imputée à l’immense demande due à la reprise économique mondiale. Mais une grosse différence existe entre les DOM et l’Hexagone, les préfets y fixent les prix.

Plus 20,39 % depuis le 1er janvier 2021. Cette augmentation, c’est celle du prix moyen du gazole en France selon les données du ministère de la Transition écologique. Une augmentation qui se fait aussi sentir sur les autres types de carburant, le super sans plomb 95 utilisé en Outre-mer et dans l’Hexagone a vu son prix augmenter de 21,32 % en moyenne.

Or, la fixation des prix des carburants dans les départements d’Outre-mer ne se fait pas selon les mêmes règles. Alors que dans l’Hexagone, les prix sont libres et peuvent varier de plusieurs centimes, voire dizaines de centimes d’euros, en fonction de la compagnie pétrolière, de la localisation… dans les DOM, le prix maximal est fixé par les préfets. Ainsi, "les éléments d’évolution des prix des carburants et du gaz, qui tiennent compte des conditions réelles du marché, sont pris en compte, notamment la parité euro/dollar et la cotation des produits à l’importation", détaille la préfecture de Mayotte. Les prix entre les DOM eux-mêmes peuvent donc fortement varier.

Prix du super sans plomb et du gazole dans les départements d’Outre-mer 

Guadeloupe : 1,67 €/l de super sans plomb, 1,41 €/l pour le gazole

Martinique : 1,67 €/l de super sans plomb, 1,40 €/l pour le gazole

Guyane : 1,79 €/l pour le super sans plomb, 1,53 €/l pour le gazole

Mayotte : 1,60 €/l pour le super sans plomb, 1,29 €/l pour le gazole

La Réunion : 1,46 €/l pour le super sans plomb, 1,12 €/l pour le gazole

Moyenne des prix dans l’Hexagone : 1,65 €/l pour le super sans-plomb, 1,55 €/l pour le gazole 

De fortes disparités

Nous pouvons constater que la Guyane est le territoire où le litre de super sans plomb est le plus cher. Que l’on compare avec les autres DOM ou l’Hexagone. A contrario, La Réunion est le département qui s’en sort le mieux avec un prix au litre du gazole à rendre jaloux le reste de la France. Il faut dire que les lieux d’approvisionnement ne sont pas les mêmes entre tous ces territoires.

Dans l'Hexagone le carburant distribué à la pompe a des origines diverses (Russie, Arabie Saoudite…) et est en grande partie raffiné sur le territoire dans sept raffineries. Dans les DOM, il n’existe qu’une raffinerie, la Sara en Martinique. Cette dernière est alimentée par du pétrole venant principalement de la Mer du Nord et produit du carburant pour son territoire, mais aussi pour la Guadeloupe et la Guyane. En revanche, le carburant de Mayotte et de La Réunion est entièrement importé, de Singapour notamment.

Des prix très élevés et disparates dans certaines stations métropolitaines

L’avantage des prix fixés par les préfectures des DOM, c’est que les stations ne peuvent vendre le carburant à un prix supérieur. Ce n’est pas le cas dans l’Hexagone et peut en partie expliquer les écarts de prix. Ainsi, la barre symbolique des deux euros le litre a largement été franchie, puisqu’une station dans Paris affiche aujourd’hui, 1,92 €/l de gazole et 2,09 €/l de SP95. A l’inverse, en Gironde, une des stations les moins chères de métropole vend à prix coûtant son gazole à 1,49 €/l et son SP95 à 1,54 €/l.

Une hausse freinée par des aides ?

En Martinique, le prix du sans plomb n’a pas changé par rapport au mois dernier. En revanche, le litre de gazole a augmenté de quatre centimes. Une augmentation que la préfecture a justifiée par le cours du marché mondial avec l’augmentation du prix du Brut de 3,4% en septembre à 73,12$ le baril, et par "la parité euro/dollar (qui) augmente légèrement (+0,3%) à 1,1812 en moyenne face à la perspective d’un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine compte tenu du fait de la solidité des données économiques américaines". Une explication aussi avancée par les autres DOM.

Alors que la baisse des prix à la pompe dans un horizon proche semble compromise, le gouvernement réfléchit à la mise en place d’une aide sous forme de chèque carburant, pendant du chèque énergie. Les modalités de son attribution restent à définir, mais la cible serait les actifs modestes qui utilisent régulièrement leur voiture, notamment pour aller travailler. La baisse de la fiscalité sur les carburants, semble écartée, comme l’a expliqué lundi 18 octobre, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie sur Europe 1 : "Je suis davantage favorable à un dispositif comme le chèque carburant plutôt qu’à une baisse de la fiscalité (…) un centime de baisse sur le litre de carburant représente un demi-milliard d’euros, donc c’est très coûteux, pour un résultat que les Français ne verront pas".