Le risque de Brexit atteint le LME et le marché du nickel

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Métallurgiste du nickel
Métallurgiste de l'industrie du ferronickel ©Alain Jeannin
Une victoire des partisans d'une sortie du Royaume-uni de l'UE aurait-elle des conséquences pour la bourse des métaux de Londres ? Cette interrogation a fini par semer le doute sur le marché mondial. Le nickel repart à la baisse tout comme les valeurs industrielles et métallurgiques.
La place centrale de la City, dans le trading et la fixation des prix des matières premières, ne serait pas directement menacée si le Royaume-Uni quittait l’Union européenne. Toutefois, certaines directives de Bruxelles sur les produits financiers dérivés ou les entrepôts européens de métaux liés à la bourse de Londres ne seraient plus sous la même juridiction de part et d’autre de la Manche. C’est donc le branle-bas de combat à Londres où l’on déteste l’incertitude. Parce que finalement, faute de précédent comparable, il est difficile de prévoir les conséquences du Brexit sur le positionnement de Londres en tant que place centrale du négoce mondial des matières premières.

Projection fragile

Dans ce contexte, les prévisions sont très prudentes pour les cours du nickel. Ils se situent dans une fourchette de prix comprise entre 8.000 et 9.500 dollars par tonne au second trimestre. Des informations indiquant que la Chine chercherait à réaliser des stockages stratégiques ont soutenu les cours du métal qui ont dépassé 9.000 dollars mercredi. Sans relation de cause à effet, les stocks mondiaux de nickel dans les entrepôts du LME ont encore baissé de 5.500 tonnes depuis le début de la semaine. 

Le nickel baisse

Jeudi, le nickel est en baisse de 1,53% à 8.837dollars par tonne. L’incertitude sur l’issue du vote britannique, le 23 juin prochain, inquiète le marché londonien des métaux. Le LME intègre aussi dans ses prévisions l’accord salarial et la levée du préavis de grève des travailleurs du nickel en Colombie. A Londres, certains espéraient un conflit dur dans l'espoir d'une flambée des cours. Les négociants londoniens qui avaient anticipé une hausse des prix se sont trompés.

Pas de grève en Colombie

L’accord salarial conclu au dernier moment entre la direction australienne de l’entreprise South32 et les mineurs colombiens du grand complexe métallurgique de Cerro Matoso prévoit une augmentation salariale de 7% en 2016 avec une prime de 2.500 dollars par salarié du complexe métallurgique. Les propriétaires de Cerro Matoso ont indiqué que le site industriel perdaient de l’argent et qu’ils n’excluaient pas un arrêt de la production si les pertes continuaient. Une velléité devenue habituelle dans l’industrie métallurgique avec la crise des cours survenue en juillet 2015. Depuis cette date, les prix du nickel sont en baisse de 31%.