Les nouveaux étudiants en théâtre d’Outre-mer ont pris leurs quartiers à Limoges

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Les élèves de la deuxième promotion prépa outre-mer de L'École supérieure de théâtre de l'Union à Limoges ©Tessa Grauman
Ils viennent de la Réunion, de la Guadeloupe, de la Guyane, de Tahiti, de la Nouvelle-Calédonie et de Mayotte, et vont préparer les concours des écoles Supérieures de Théâtre de l’Hexagone. Avec comme modèle, la réussite éclatante de la précédente promotion.

"Dix sur dix !" s’exclament en riant les élèves de la nouvelle promotion d’apprentis comédiens, assis dans la salle de cours de l’école de l’Union. Dix étudiants sur dix acceptés dans une école supérieure de théâtre, c’est le score qu’ils visent en fin d’année. Soit, un étudiant de plus que la précédente promotion des jeunes Ultramarins venus passer les concours en 2019.

L’arrivée

Ils ont entre 17 et 23 ans et suivent la formation de l’École supérieure de théâtre de l’Union, installée dans les anciens locaux d’une colonie de vacances à une vingtaine de minutes en voiture de Limoges. Niguella, Matthieu, Steven, Niobé et les autres font partie de la deuxième promotion des étudiants d’Outre-mer.  Eux aussi vont bénéficier d’une année de préparation aux concours d’écoles nationales d’art dramatique de l’Hexagone.

"Avant d’arriver ici, je stressais énormément, mais là, on y va doucement et c’est rassurant", constate Steven Injiraky, qui vient de la Réunion. "On a déjà commencé à travailler, on est sur Shakespeare et j’apprécie beaucoup".

Quand je suis arrivée, je me suis dit que je ne m’entendrais pas avec les autres, que ça prendrait un peu de temps. En fait, pas du tout ! Dès la première semaine, ça s’est super bien passé.

Niguella Pinas, Guyane.

Les dix jeunes Ultramarins, sélectionnés chacun dans leur territoire, vont passer beaucoup de temps ensemble jusqu’au mois de juin. Ils habitent tous au même étage, dans la même cité universitaire, et partagent les deux voitures mises à leur disposition par l’école pour faire l’aller-retour entre leur logement et le lieu des cours.

Quand on sort, on nous remarque, et ça c’est bien ! Au moins on sait qui on est, et ça, j’aime beaucoup !

Matthieu Geisler, Guadeloupe

Le mal du pays

Pour l’instant tout va bien, mais Heloïse Belloir, responsable de la promotion Outre-mer au sein de l’école, sait d’expérience que le mal du pays va bientôt se manifester. "On a eu ça avec le premier groupe, c’est normal. On fait tout ce qu’on peut pour les accompagner, mais ça va arriver à un moment", anticipe-t-elle.

"Comment prend-on le train ?"

Pourtant, les élèves bénéficient d’un encadrement sur mesure au sein de l’école : accompagnement dans toutes leurs démarches administratives, avant et pendant leur séjour dans l’Hexagone, mais aussi mise en place d’un système de tutorat avec les élèves déjà admis dans le cursus supérieur de l’école, auxquels ils peuvent poser toutes sortes de questions : "Comment prend-on le train ? Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées pour passer les concours ?"  Telles sont, à titre d’exemple, les questions que les jeunes étudiants peuvent poser à leur parrain et marraine, explique Heloïse Belloir.

Niobé Masurier et Niguella Pinas, élèves de la prépa outre-mer du théâtre national de l'Union à Limoges ©Patrice Elie dit Cosaque

Pieds nus en tongs

À 17 ans, Niobé, originaire de Tahiti, est la benjamine du groupe. Malgré la fraîcheur qui pointe, elle se déplace toujours pieds nus dans ses tongs. Pour le reste, à plus de 15 000 km de chez elle, la jeune fille semble plutôt à l’aise : "J’ai la chance d’être avec des gens super, très bienveillants, et du coup l’éloignement est moins dur que ce que j’ai pu imaginer. Même si je suis plus jeune, on est très complices avec tout le monde."

Les concours

Les dix élèves comédiens vont se préparer aux concours de huit écoles nationales de théâtre. Pour cela, ils vont devoir intégrer les codes inhérents à ce genre d’exercice. "Il faut respecter les règles de la compétition", admet Paul Golub, qui enseigne le théâtre à la nouvelle promotion, "mais il faut aussi essayer de trouver des espaces de liberté à l’intérieur de ces règles". Et laisser la fibre personnelle de ces jeunes Ultramarins s’exprimer devant le jury. Un équilibre parfaitement maîtrisé par la promotion qui les a précédés.

Ceux qui réussiront le concours passeront trois années supplémentaires dans l’Hexagone, à l’issue desquelles ils obtiendront un diplôme national supérieur professionnel de comédien.