Limyé Ba Yo, une soirée pour honorer les ancêtres "sans nom"

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Limyé Ba Yo, une soirée pour honorer les ancêtres "sans nom"
Nombre d'Antillais sont venus célébrer la mémoire de leurs ancêtres escl ©TDB / La1ere.fr
Des Ultramarins de tous horizons sont partis sur les traces de leurs aïeux lors de la journée du souvenir des victimes de l'esclavage colonial, organisée dans les jardins du ministère des Outre-mer. Un évènement placé sous le signe de la "Reconnaissance et de la Réconciliation".
Mirette Angélique examine avec minutie le mémorial qui longe l'allée principale du ministère des Outre-mer. Elle cherche le nom de ses ancêtres, parmi les milliers de patronymes inscrits sur de grands panneaux. La Martiniquaise s'arrête devant les communes du François et de Rivière-Pilote, d'où sont originaires les membres de sa famille. "J'ai trouvé des aïeux du côté de mon père, et du côté de ma mère. C'est important de connaître d'où ils viennent", confie-t-elle.

Le mémorial "Les noms de l'abolition" a été créé par l'association CM98, afin de défendre la mémoire des victimes de l'esclavage. En Guadeloupe et Martinique, suite au décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848, les femmes et hommes se sont vu attribuer un patronyme, une fois libérés de leurs chaînes.

Un peu plus loin, derrière le stand de l'atelier de généalogie et d'histoire des familles antillaises, Rosalie Lécusson aide Mirriane James à savoir si ses ancêtres étaient esclaves. À partir du nom de famille et d'un numéro de matricule, elle fouille dans ses registres pour remonter dans le passé. "Ça nous permet de comprendre, d'aller de l'avant, mais aussi de nous enraciner dans l'histoire, d'avoir moins de rancune et de fausses idées", explique-t-elle.

Des ancêtres "sortis du néant"

La soirée est propice à la quête des origines. Le 23 mai est la journée du souvenir des victimes de l'esclavage colonial, un moment essentiel pour "retrouver et honorer les parents longtemps oubliés". Organisé à l'initiative de CM98 depuis 18 ans, l'évènement s'est déroulé dans les jardins du ministère des Outre-mer du fait.

Regardez le reportage de France Ô / La1ere :

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Sur la grande scène : des mises en scène de récits relatant la traite négrière et des témoignages de descendants d'esclaves. "J'ai retrouvé mes parents. Ils sont sortis du néant. L'histoire est douloureuse, mais c'est la nôtre. Je me sens apaisée", a scandé une femme devant un public d'un millier de personnes, visiblement ému.

La mémoire de l'esclavage s'enracine dans notre pays

À la tribune, Serge Romana, président du CM98, a appelé à "ne pas avoir honte de nos aieux. Soyons fier de ce que nous sommes". Ensuite, George-Pau Langevin s'est félicitée que "la mémoire de l'esclavage s'enracine dans notre pays". "Ça fait du bien aux descendants d'esclaves que nous sommes, ça fait du bien à la France", a lancé la ministre des Outre-mer.

S'en est suivi un concert rassemblant nombre d'artistes originaires de la Caraïbe et des Outre-mer. Dédé Saint-Prix a chanté "Oui, nous sommes libérés" avant de laisser sa place aux DéChenNé, un groupe dirigé par Tony Chasseur. Malavoi a conclu la soirée dans une ambiance festive.



De nombreuses personnalités étaient présentes pour cette soirée Reconnaissance et Réconciliation. Parmi elles, Jean-Marc Mormeck, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer. Il s'exprime au micro de France Ô / La1ère.fr : 

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