Madagascar : une manifestation de l'opposition dispersée par la police

L'ancien président malgache Marc Ravalomanana lors de son retour d'exil d'Afrique du sud en octobre 2014.
Une manifestation de militants d'opposition a été dispersée par la police à Madagascar, ce samedi 8 juillet. Les forces de l'ordre ont utilisé des grenades lacrymogènes. Le rassemblement avait été interdit.
Les forces de l'ordre malgaches ont dispersé, samedi 8 juillet, avec des grenades lacrymogènes une centaine de militants d'opposition qui défilaient, illégalement selon les autorités, dans la capitale Antananarivo, ont constaté des journalistes de l'AFP.
 

Rassemblement interdit

Rassemblés à l'appel du parti TIM (Tiako I Madagasikara - J'aime Madagascar) de l'ex-président Marc Ravalomanana, les manifestants se sont pressés devant un stade de la ville où ils souhaitaient fêter le 15e anniversaire de leur mouvement.
 
Le gouvernement avait interdit ce rassemblement et déployé d'importants effectifs de police, de gendarmerie et de l'armée devant le stade pour en bloquer l'accès. Les manifestants ont alors fait demi-tour et tenté de rejoindre la place du "13 mai", point de rassemblement de tous les mouvements qui ont abouti au renversement du régime en place en 1972, 1991, 2002 et 2009.
 

Pas de blessé

Les forces de l'ordre les en ont empêché en tirant des grenades lacrymogènes. Selon le commandant de la gendarmerie d'Antananarivo, le général Njatoarisoa Andrianjanaka, elles n'ont procédé à aucune interpellation, ni recensé aucun blessé.
 

Climat politique tendu

Arrivé au pouvoir en 2002, Marc Ravalomanana a été renversé en 2009 par le maire de la capitale, Andry Rajoelina, plongeant la Grande île dans une longue période d'instabilité. Andry  Rajoelina a ensuite dirigé un régime dit "de transition" jusqu'à l'élection
présidentielle remportée en 2013 par l'actuel président Hery Rajaonarimampianina.
 
Le climat politique s'est tendu ces dernières semaines sur la Grande île. Les adversaires du chef de l'Etat l'accusent d'avoir fait pression sur la justice au profit d'une de ses proches conseillères, incarcérée pour détournements de fonds. L'économie de Madagascar peine à sortir de ces crises politiques à répétition. Le pays reste l'un des plus pauvres du monde, 90% de sa population survit avec moins de 2 dollars par jour.