Manifestation à Paris "en soutien des peuples de la Martinique et de la Guadeloupe" [SYNTHESE]

Marche à Paris en solidarité avec les peuples de Guadeloupe et de Martinique
L’association USCAR, fraternité caribéenne, le collectif Zéro Chlordécone Zéro poison ainsi que l'association CROMVO ont organisé une marche à Paris en soutien aux populations de Guadeloupe et de Martinique touchées par le chlordécone, la pollution des eaux et le problème des sargasses.
Plusieurs centaines de personnes se sont élancées à partir de 15H, pour une marche au son des tambouyés place de la République à Paris. Le cortège a emprunté le boulevard Voltaire pour se rendre à sa destination finale, la place de la Nation. Au fil des minutes, le cortège s'est étoffé. Des personnalités telles que Priscillia Ludosky, figure du mouvement des gilets jaunes ou le chanteur Tiwony ont participé à ce rassemblement en solidarité avec les peuples de Guadeloupe et de Martinique.  
Les organisateurs entendent montrer leur soutient aux familles, amis, parents, proches victimes en Guadeloupe et en Martinique de la "croissance exponentielle des sargasses sur le littoral caribéen, de la contamination au chlordécone et aux épandages de pesticides, de la crise sanitaire du CHU de Guadeloupe et de la pollution de l’eau"
 

Dans le cortège, Priscillia Ludosky, originaire de Martinique et figure des "Gilets jaunes" demande au "gouvernement de prendre ses responsabilités" dans le dossier du chlordécone :


Gratuité du test de dépistage

L'association USCAR Fraternité est à l’origine de cette marche. L’USCAR qui signifie United states of Caribbean prône le pancaribéanisme. "Nous travaillons à une meilleure fraternité entre les peuples de la Caraïbe", explique Khety la présidente de l’association. Pour cette Marie-galantaise doctorante en littérature "Il est temps d’apprendre à savoir qui nous sommes et à appréhender notre futur".

Nous demandons en particulier que le test de dépistage du chlordécone qui coûte actuellement 60 euros soit gratuit pour les Martiniquais et les Guadeloupéens.

Quand on pense que le gouvernement français a accordé des dérogations à l’utilisation de ce produit aux Antilles alors qu’il était interdit depuis les années 70 aux Etats-Unis, puis dans l’Hexagone, le gouvernement doit mieux prendre en charge cette problématique.

Nous retournons régulièrement chez nous buvons l’eau, nous mangeons là-bas, nous sommes tous concernés.


Présidente de l'Uscar


"Rassembler les communautés"

L’antenne parisienne de l’association Zéro Chlordécone Zéro poison de Martinique s’est associée à cette démarche. Pour sa porte-parole Naema Rainette-Dubo, originaire du François en Martinique,  "il est important de rassembler les communautés guadeloupéennes et martiniquaises dans l’Hexagone pour montrer notre soutien à nos familles là-bas. Il faut que nous soyons soudés. Nous demandons aussi au gouvernement des mesures plus fortes pour protéger la population qui continue d’être empoisonnée par le chlordécone".

Naema Rainette-Dubo estime que la mort de plusieurs de ses oncles, atteints de cancers, trouve son explication dans la présence de chlordécone dans l’eau et la terre de Martinique pour des siècles.  

"Faire connaître cette injustice"

Le CROMVO qui va fêter en 2020 ses 30 années d’existence a choisi d’apporter sa connaissance du combat associatif dans cette démarche. Solange Cabit sa nouvelle présidente a complètement épousé le combat lancé par l’USCAR.

C’est vital, nous sommes ici mais nous avons des parents là-bas. On ne peut pas rester muets devant un génocide programmé. Des femmes enceintes boivent de l’eau chlordéconée, les mamans donnent de l’eau à leurs enfants. Si cela se passait dans un village de Bretagne, cela aurait explosé. Nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone. Pour nous il est important de faire connaître cette injustice.

Solange Cabit


Photos de la manifestation à voir ci-dessous :