Manuel Valls s'est envolé pour la Nouvelle-Calédonie

politique
Valls en Nouvelle-Calédonie
Le Premier Manuel Valls et la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin ce matin avant de décoller pour la Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Manuel Valls est attendu ce jeudi à Nouméa, où il devrait annoncer des mesures conséquentes pour venir en aide au secteur du nickel en Nouvelle-Calédonie, en plein marasme, et évoquer l'avenir institutionnel de l'archipel, qui doit se prononcer par référendum en 2018 sur son indépendance.
A Matignon, on reste des plus discrets sur les mesures pour soutenir la principale activité minière calédonienne. Le nickel est victime d'une forte chute des cours, consécutive notamment au ralentissement de l'économie chinoise. 
 

L'Etat veut éviter toutes tensions sociales dans le secteur du nickel 

"L'État est très attendu sur ce sujet-là", évacuent brièvement les services du Premier ministre. "Notre objectif en tant qu'actionnaire, c'est de sauver à la fois l'infrastructure économique, c'est-à-dire les investissements, et en même temps, d'être attentifs à l'emploi et à la situation sociale", ajoute-t-on. Car l'Etat veut éviter toutes tensions sociales dans un secteur qui, rappelle-t-on à Matignon, "irrigue toute l'économie avec la sous-traitance et les emplois indirects".

Le nickel, indique-t-on aussi, c'est 20 à 25% des emplois de l'archipel. L'État est, derrière la famille Duval, le deuxième actionnaire de la société minière Eramet, dont la filiale SLN, Société le nickel, l'opérateur historique du nickel calédonien, bat fortement de l'aile. Premier employeur privé en Nouvelle-Calédonie, la SLN est dans une situation financière catastrophique, accusant une perte opérationnelle courante de 261 millions d'euros en 2015. Du côté d'Eramet, on se contente d'indiquer à l'AFP que les négociations avec l'Etat au sujet de la SLN sont toujours en cours, sans infirmer ou confirmer un prêt de 300 millions d'euros à la SLN répartis entre l'Etat et la maison-mère, avancé par plusieurs médias.
 

Le référendum prévu par les accords de Matignon, autre volet important de la visite

"Valls va arriver avec une solution pour la SLN. Le but de l'État, qui s'est par le passé tellement désintéressé d'Eramet, est d'éviter un plan social. Avec ça, ça va permettre à la SLN de tenir deux ans et après il n'y a plus qu'à prier pour que les cours remontent", commente un élu Les Républicains du Congrès de la Nouvelle-Calédonie sous couvert d'anonymat.
L'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, avec le référendum prévu par les accords de Matignon (1988) et de Nouméa (1998), au plus tard en novembre 2018, représente l'autre volet important de la visite. "Novembre 2018, c'est dans peu de temps, et cette échéance doit se préparer. Ce n'est pas quelque chose qu'il faut attendre les bras croisés. Il y a des tas de sujets qui doivent être traités et discutés (par les différentes parties). Qu'on soit indépendantiste ou non-indépendantiste, la question de la monnaie se pose. Si la Nouvelle-Calédonie devient indépendante, est-ce que l'on garde le franc Pacifique, cette monnaie arrimée à l'euro?" argue-t-on à Matignon. "Comme nous ne sommes pas aujourd'hui en période électorale, il faut profiter de ce moment-là pour mener ces travaux de réflexion sur l'avenir institutionnel", relèvent les services du Premier ministre. 
 

Christian Karembeu, originaire de Nouvelle-Calédonie, accompagne le Premier ministre 

Manuel Valls sera accompagné de la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, de trois parlementaires et du footballeur Christian Karembeu, originaire de Nouvelle-Calédonie.
Christian Karembeu ce matin avant de décoller pour la Nouvelle-Calédonie
Christian Karembeu ce matin avant de décoller pour la Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin

Pour illustrer le nécessaire "rééquilibrage territorial" entre Nouméa et le reste de l'archipel, le Premier ministre se rendra samedi à Koné, dans la province nord, pour y visiter le chantier de construction d'un hôpital, puis à Hienghène, où il se recueillera devant la tombe de Jean-Marie Tjibaou. François Hollande s'était, lui aussi, recueilli sur la tombe du leader nationaliste kanak lors de sa visite en Nouvelle-Calédonie le 17 novembre 2014. 

Hollande tombe Tjibaou
François Hollande s'était recueilli sur la tombe de Jean-Marie Tjibaou le 17 novembre 2014 à Tiendanite ©ALAIN JOCARD / AFP

Il prendra enfin la parole, dimanche, devant l'assemblée de la province des Iles Loyauté, avant de commencer, quelques heures plus tard une visite officielle à Auckland (Nouvelle-Zélande) qui, relève-t-on à Matignon, s'intéresse de près à l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.  

La rumeur d'une escale en Australie 

Des rumeurs ont fait état d'une étape du Premier ministre en Australie après l'annonce historique ce mardi d'une commande de 12 sous-marins au groupe français DCNS pour un montant estimé à 34,3 milliards d'euros. Finalement, Manuel Valls aurait renoncé en raison d'un emploi du temps millimétré en Nouvelle-Calédonie et en Nouvelle-Zélande. Le Premier ministre doit-être à Paris le 3 mai. 

 


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