Martinique : Alfred Marie-Jeanne réagit au dépaysement de son procès

justice
Martinique : Alfred Marie-Jeanne réagit au dépaysement de son procès
Alfred Marie-Jeanne et son avocat, Me Alex Ursulet. ©Marie Radovic
Député et président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) Alfred Marie-Jeanne, est poursuivi pour "prise illégale d'intérêt". Son procès a été dépaysé à Paris, il réagit.
"On a dépaysé le procès, mais ici, à paris, je ne suis pas dépaysé. Ils peuvent aller au Mississippi ou au Missouri, ça ne me gêne pas, je resterai ce que je suis". Alfred Marie-Jeanne, a réagi, mardi 13 septembre, au dépaysement de son procès à Paris. Député et président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), il est poursuivi pour "prise illégale d'intérêt".

"Quelque soit l’endroit où on doit défendre la liberté et le droit de s’exprimer, je serai là. Ici ou ailleurs, je ne me sentirai jamais dépaysé, a déclaré Alfred Marie-Jeanne. Depuis que je suis entré en politique, on m’a toujours poursuivi devant les tribunaux. Je n’ai jamais été condamné et j’ai gagné tous mes procès".


"Une honte" 

La cour de cassation a décidé qu’Alfred Marie-Jeanne serait poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris, en non en Martinique. "La justice en Martinique se rend de manière discriminatoire", a déploré l’élu.

"C'est une honte, une décision d'un autre temps, un camouflet pour les juges de la Martinique et un mépris pour tous les Martiniquais", avait pour sa part réagi auprès de l'AFP Me Alex Ursulet, avocat d'Afred Marie-Jeanne en annonçant son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). 
 

Rappel de l'affaire

Alfred Marie-Jeanne est poursuivi, avec sa fille et le compagnon de celle-ci, pour "prise illégale d'intérêt, faux et usage de faux et recel", dans le cadre d'un dossier de coopération régionale portant sur la construction d'une école à l'île de la Dominique (au nord de la Martinique) alors qu'il était président du conseil régional de la Martinique. L'affaire avait éclaté début 2010 à la suite d'un document signé "Green Parrot", largement diffusé sur Internet et mettant en cause les conditions d'attribution de ce marché à l'architecte Mark Frampton, consul honoraire de la Dominique et compagnon de Maguy Marie-Jeanne, fille du député et à l'époque, responsable du service coopération du conseil régional.