Mayotte : 130 migrants "décasés" toujours en hébergement d'urgence

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Familles comoriennes expulsées par des villageois mahorais, campant sur la place de la République à Mamoudzou, en mai 2016. ©ORNELLA LAMBERTI/AFP
Cent trente migrants, qui s'étaient réfugiés dans un campement de fortune à Mamoudzou après avoir été chassés de leur logement par la population mahoraise en juin dernier, sont toujours hébergés provisoirement dans un gite au centre de l'ile, a indiqué mercredi le préfet de Mayotte. 
Après les expulsions organisées entre janvier et juin par des collectifs d'habitants de plusieurs communes de Mayotte contre des familles en situation irrégulière qu'ils chassaient de leurs "cases", plusieurs centaines d'entre elles s'étaient regroupées pendant plusieurs semaines devant le siège du Comité de Tourisme sur la place de la République à Mamoudzou, aidées par des associations de défense des droits de l'homme. 
           
La préfecture avait finalement trouvé une solution d'hébergement d'urgence pour ces personnes "décasées", dans un établissement hôtelier, alors que les associations avaient saisi la justice pour réclamer un relogement de ces familles dans des conditions "dignes". Les migrants ont ensuite été transférés au gîte de Bengali au centre de l'Ile.
           

Accompagnement social 

Selon le préfet Frédérick Veau, 130 personnes y habitent actuellement. "Il y en a eu jusqu'à 200. Ça veut dire qu'il y a une série de familles qui ont trouvé des solutions à la fois de relogements et lorsqu'il y a des enfants, des solutions de scolarité", a-t-il précisé, lors d'un conférence de presse de rentrée.
           
Il a ajouté que l'accueil sur le gîte est organisé avec l'accompagnement social de La Croix Rouge, un accompagnement qui se fait au cas par cas. Le préfet a également rappelé qu'un "plan sécurité pour Mayotte" était mis en oeuvre, qui prévoit des renforts pour les services de police et de gendarmerie.
 

Renforts de police 

"Ces renforts sont arrivés ou sont en train d'arriver et nous avons ainsi la création d'une antenne du GIGN qui est effective", a-t-il indiqué. "Nous avons 17 gendarmes qui vont renforcer des brigades et nous aurons en novembre 40 gendarmes mobiles supplémentaires", a ajouté M. Veau, évoquant "un effort tout à fait substantiel". Le préfet a annoncé également pour la police, la création début septembre d'un "groupement de sécurité de proximité". Neuf fonctionnaires travailleront en soirée et pendant la nuit pour renforcer la présence des forces de police sur la voie publique.
           
Le préfet de Mayotte a indiqué enfin une intensification du dispositif de lutte contre l'immigration clandestine, avec notamment une opération quotidienne de la Police de l'air et des frontières (PAF), et la lutte contre l'immigration en mer "avec la volonté d'aller vers une harmonisation des flottes d'intercepteurs", a-t-il affirmé.