Mayotte : échauffourées entre manifestants mahorais et patients comoriens en marge du blocage d'un dispensaire

Des échauffourées entre des Mahorais protestant contre l'immigration clandestine et des patients comoriens ont eu lieu mercredi devant le centre de consultations Jacaranda de Mamoudzou (chef-lieu) alors que les manifestants tentaient de bloquer l'entrée de ce service.
Un peu avant 8h00, des heurts ont éclaté entre des patients comoriens attendant pour une consultation médicale et une douzaine de manifestants mahorais. Ces derniers tentent de bloquer depuis plusieurs jours le service des migrations et de l'intégration de la préfecture, non loin du dispensaire. Le service des migrations, qui a été bloqué pendant plusieurs mois par des Mahorais protestant contre l'immigration clandestine en provenance des îles voisines des Comores, a rouvert partiellement vendredi avec l'aide des forces de l'ordre.Ces nouveaux heurts interviennent alors qu'une violente crise politique sur l'île voisine d'Anjouan, située à 70 km des côtes mahoraises, fait craindre à la population du 101e département français un afflux encore plus important de migrants.
 

Intervention des forces de l'ordre


Chaque année, Mayotte effectue entre 18.000 et 22.000 reconduites à la frontière, avait rappelé le préfet de l'île Dominique Sorain en mai dernier, "ce qui représente la moitié des reconduites qui sont faites en France". Déjà sur place pour sécuriser la zone sensible du service des migrations, les forces de l'ordre sont rapidement intervenues, notamment lorsqu'une manifestante a porté un coup avec son sac à main sur un patient comorien qui protestait.

"Je suis tellement choqué et énervé", a témoigné un Comorien, qui dit être présent sur le territoire depuis 15 ans, marié à une Mahoraise et père de quatre enfants, qu'il venait faire vacciner. "La vie de mes enfants est en danger (...) On me dit que je n'ai pas le droit d'être là, je ne comprends pas", a-t-il déclaré à l'AFP.
 

Fermeture du service


Mardi déjà, "une dizaine de personnes se sont introduites dans le dispensaire de Jacaranda (...) et ont menacé les personnes présentes : femmes, enfants, personnes âgées et personnel hospitalier, en les invectivant et leur ordonnant de sortir des salles de soins et d'attente", ont dénoncé Médecins du Monde et la Cimade, association de défense des droits des étrangers, par voie de communiqué.
 Après l'altercation de mercredi matin, le personnel du dispensaire a exercé son droit de retrait, a indiqué la police à l'AFP, et les grilles ont été baissées.