Mayotte : le Sénat fait des propositions pour lutter contre la violence

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Mayotte: baisse de la délinquance mais hausse de la violence des jeunes
©RICHARD BOUHET / AFP
Plus de moyens pour les forces de l'ordre, restriction des conditions d'accès à la nationalité... La commission des lois du Sénat a fait, jeudi, seize recommandations pour mettre fin à l'augmentation de la violence que connaît le département.

"Il est urgent d'octroyer aux forces de l'ordre les moyens de leurs missions", assure la commission dans un communiqué, tout en appelant "à une réflexion sur des améliorations organisationnelles".

"L'autorité de l'institution judiciaire à Mayotte doit également être renforcée", selon la commission qui estime que le préalable indispensable en est "le rattrapage des moyens alloués à l'administration de la justice dans ce territoire".


Une "situation migratoire extraordinaire"

Parmi les défis structurels que rencontre la société mahoraise et qui constituent un contexte propice à l'insécurité, la commission distingue la "situation migratoire extraordinaire" à laquelle est confrontée Mayotte.

Pour y remédier, les sénateurs préconisent un "assouplissement des conditions d'interception" des petites embarcations appelées "kwassas", empruntées par les migrants, couplé avec "la restriction des conditions d'accès à la nationalité et au séjour régulier".

Il faudra également approfondir "la difficile coopération diplomatique avec l'Union des Comores", assurent les sénateurs.


Délinquance "violente et juvénile"

"Un accompagnement des collectivités territoriales à la hauteur de leur engagement dans la lutte contre l'insécurité est également nécessaire", selon la commission qui recommande "la poursuite des efforts engagés par celles-ci dans l'amélioration de l'éclairage public, du recensement, ou encore de l'aide sociale à l'enfance".

Même si des efforts indéniables ont été faits, la réponse des pouvoirs publics à l'insécurité à Mayotte doit être à la hauteur de la dégradation de la situation, liée à une délinquance très violente essentiellement juvénile. Elle doit se traduire par des renforcements des moyens à court terme, mais aussi par une vision à long terme, qui fait encore défaut.

François-Noël Buffet, sénateur LR et auteur du rapport

Le Collectif des Citoyens de Mayotte a salué dans un communiqué "le début de prise en compte de la souffrance quotidienne des Mahorais soumis à la terreur et à l'ultra-violence des bandes de jeunes Comoriens en situation irrégulière" que représente ce rapport sénatorial.